AJC dans la presse: Intolerance, un test pour l’Amerique

Miami Herald

Le 11 septembre 2010

PAR NOAM E. MARANS

Les juifs sont particulièrement sensibles à la combustion de livres, surtout quand il s’agit  de livres religieux.

« Là où ils brûlent des livres, ils brûleront aussi le peuple »  a écrit Heinrich Heine,  célèbre poète et essayiste  juif allemand du 19ème siècle qui a espéré gagner l’acceptation par le baptême, une décision qu’il a, plus tard,  regrettée.

Heine se référait à la combustion du Coran  pendant l’Inquisition espagnole.

Ironiquement les livres d’Heine ont fait parti de ces  milliers de livres juifs brûlés par les Nazis en 1933, un avant-goût de l’Holocauste.

Heine croyait en l’idée que la crainte et la haine pour une religion se traduisent souvent dans la persécution des adhérents de cette religion.

Ainsi, nous ne pouvons  être ni silencieux ni dédaigneux quand une église américaine a pour projet de brûler un Coran  le 11 septembre, même si cette église – située à Gainesville – compte seulement une poignée de fidèles.

Cela n’en reste pas moins  une tentative flagrante d’inciter à la haine à un moment particulièrement sensible en Amérique, quand la construction de mosquées fait face à l’opposition dans lieux divers à travers le pays.

Nous pouvons espérer que les 15 minutes de gloire du Pasteur Terry Jones  soient écoulées, mais rendons nous aussi  compte qu’il symbolise un problème plus large qui exige notre attention collective.

Dans  les jours, les mois, et les années après le 11 septembre, l’Amérique a généralement – et fièrement –  évité les appels anti-Islam. Les musulmans américains n’ont pas eu à se cacher par peur que la colère refoulée des Américains  à l’encontre terroristes Islamistes  leur soit destinée.

Le président George W. Bush a tenté de donner l’exemple quand il a visité le Centre Islamique de Washington le 17 septembre 2001 et a dit, « le visage de terreur n’est pas la vraie foi d’Islam. » Les musulmans « doivent être traités avec respect. Dans notre colère et émotion, nos Américains doivent se traiter avec respect. »

Nous avons cru que nous pourrions faire une guerre à la terreur Islamiste sans faire la guerre à l’Islam et aux Musulmans.

Mais la haine est une maladie difficile à canaliser. Parc 51 – le foyer municipal Musulman proposé et la mosquée à deux blocs du Point de radiation maximum au sol –  a propulsé la maladie de haine de l’inertie à la contagion.

En effet, c’est peut  être cette période cynique d’élection qui a donné lieu à un torrent de commentaires incendiaires par les leaders publics qui devraient pourtant connaître mieux le sujet. Parmi les propos les plus accablants se trouvent ceux d’un ancien de la « House Speaker Newt Gingrich », qui a comparé la prétendue mosquée du Point de radiation maximum au sol au placement d’un svastika au site du Musée de l’Holocauste de Washington.

Indépendamment des motivations des provocateurs, l’histoire a appris que silence est complicité.

Les leaders religieux et les responsables politiques doivent réagir et refuser de jouer avec les extrémistes verbaux.

Les paroles qui incitent à la haine sont fausses pénibles et dangereuses. Ils peuvent mener à la violence, comme ce fut le cas dans l’agression à coups de couteau d’un chauffeur de taxi musulman à New York ou encore l’incendie criminel et les coups de feu contre  une mosquée du Tennessee.

Chacun d’entre nous a une responsabilité de rejeter ceux qui ont allumer la flamme, de condamner ceux qui en ont encouragé d’autres dans leur haine de l’Islam et de tendre la main à  ceux qui ont sont devenus vulnérables.

Les juifs ont une responsabilité particulière pour aider et pour changer le climat actuel. Après tout, nous connaissons mieux que quiconque comment les stéréotypes, la discrimination, l’exode et la violence ont défié notre long voyage.

On ne devrait pas collectivement juger les terroristes musulmans du 11 septembre  qui, dans leur perversion de l’Islam, ont tués des milliers de personne, y compris des musulmans. Les terroristes n’étaient pas serviteurs  de religion, mais de sacrilège.

Bien sûr, comme nous nous exprimons et en appelons à nos concitoyens musulmans, nous – comme eux – n’osent être naïfs. Il y a des extrémistes islamistes dans notre milieu qui cherchent l’occasion de profiter de l’ouverture américaine pour faire le mal, sans distinction, au nom de l’Islam. Il y a des batailles internes qui ont lieu au sein de l’islam entre des extrémistes et des modérés. Des forces puissantes dans le milieu de la foi ont résisté et sont parvenues à concilier certains des  principes antiques avec des sensibilités modernes, un processus de floraison dans un âge moderne, était essentiel pour le Christianisme et le Judaïsme. Mais dans le climat américain actuel d’égalité, on menace le pluralisme et la liberté religieuse. Il est essentiel de déclarer clairement que le courant  anti-musulman n’est aucunement plus acceptable aux États-Unis que le racisme et l’antisémitisme.

Notre pays sera toujours considéré comme celui qui prend le chemin des plus vulnérables.

C’est aujourd’hui que des musulmans américains sont vulnérables, et c’est un test pour l’Amérique.

Rabbi Noam E. Marans is the American Jewish Committee’s associate director of interreligious and intergroup relations, based in New York.

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