Goldstone : seuls les imbéciles ne changent pas d’avis

De Simone Rodan-Benzaquen, représentante d’AJC en France

« Si j’avais su ce que je sais maintenant, le rapport Goldstone aurait été un document différent

Désigné par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies dans le but d’établir un rapport sur l’opération militaire « plomb durci » à Gaza en 2009, le juge sud- africain Richard Goldstone a émis ses conclusions en septembre de la même année. Le rapport au vitriol, connu sous le nom « rapport Goldstone », avait accusé Israël d’avoir commis  « délibérément  des attaques disproportionnées envers les palestiniens, dans le but de punir, humilier et terroriser la population civile ».

L’allégation la plus accablante et la plus spécieuse faite par Richard Goldstone dans ce tristement célèbre rapport  était  l’intentionnalité – l’accusation selon laquelle les soldats israéliens auraient délibérément tué des civils palestiniens lors de l’opération militaire à Gaza entre décembre 2008 et janvier 2009. C’est précisément sur cette accusation que Goldstone s’est rétracté 18 mois plus tard, dans une lettre publiée dans le Washington Post, le 1er avril dernier.

Il n’a donc pas pu être établi qu’il existait une volonté manifeste de tuer des non-combattants. «Alors que les enquêtes publiées par l’armée israélienne et reconnues dans le récent rapport ont établi la validité de quelques incidents impliquant certains soldats sur lesquels nous avons enquêtés, elles indiquent également que les civils n’ont pas été délibérément pris pour cible …» Ce qui est constitutif du crime de guerre ou pire encore du crime contre l’humanité n’est pas le nombre de victimes civils mais bien le caractère intentionnel des actions perpétrées. Ce qui a conduit Richard Goldstone à se remettre en cause, c’est la lecture du rapport du comité d’experts indépendants des Nations Unies ». Ce rapport prouve qu’Israël a fait un travail d’enquête sur plus de 400 allégations de crimes de guerre. En effet tous les responsables d’unités de l’armée ayant été mis en cause ont été soumis à des interrogatoires. Ceux dont on a pu prouver qu’ils avaient commis des erreurs intentionnels ou par négligence font l’objet de procédures disciplinaires.

Le mea culpa du juge Goldstone devrait être le bienvenu. Il n’a certainement pas été facile d’admettre ses doutes et de les publier. Dans notre société pleine de certitudes, il n’est jamais facile de reconnaitre ses torts. L’adage « mieux vaut tard que jamais » parle de lui même dans ce cas là.

Mais il est aussi important de souligner les dégâts que ce rapport notoire a causé à Israël sur la scène internationale. Il est devenu un outil de diabolisation largement utilisé par les détracteurs les plus féroces de l’Etat d’Israël.

Depuis deux ans, ce document a servi de prétexte et de gourdin à ceux qui veulent voir en Israël un État voyou. Tous les antisionistes consciencieux, tous les observateurs et commentateurs « légitimes », tous les vertueux « droits-de-l’hommistes » se sont emparés de ce rapport « impartial » pour dire le droit international et délégitimer une fois de plus l’Etat d’Israël. Toutes ces bonnes âmes, ont-elles entendu les slogans proférés au cours de la Israël Appartheid Week, qui reprenaient mot pour mot les termes accusateurs du rapport Goldstone ? Le boycott d’Israël avait enfin trouvé sa figure de proue légitime : les preuves de crimes contre l’humanité commis par Israël.

Mais l’histoire est parfois bonne fille et nous dit que la bataille pour la vérité n’est jamais perdue.  Si Goldstone a fait son coming-out, on peut espérer que la communauté internationale et en relai toute la presse accorde la même importance aux dénégations spectaculaires du juge qu’à son rapport original.

Nous espérons que c’est avec la même fougue et énergie que le juge Goldstone assurera la promotion de son mea culpa. On  ne peut qu’attendre de lui qu’il ait le courage d’aller défendre et présenter ses nouvelles conclusions au Conseil des droits de l’Homme, ainsi qu’à l’Assemblée Générale des Nations Unies et à l’Union Européenne, qui avaient approuvé le précédent rapport visiblement biaisé et cela afin de le faire retirer. Nous pouvons qu’espérer que les organisations de lutte pour les droits de l’Homme qui ont été promptes à condamner les Forces de Défense Israéliennes changeront eux aussi d’avis. Aux personnalités respectables  telles que Stéphane Hessel qui ont cité le rapport Goldstone à plusieurs reprises dans le but d’accabler Israël de reconnaître le caractère peu fiable de leurs certitudes et pourquoi pas renoncer à ces dernières. Finalement, n’est ce pas « les imbéciles qui ne changent pas d’avis » ?

 

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