Comment impliquer la société civile dans la lutte contre le terrorisme ?

Maajid

S’inspirer du modèle anglais

7 juillet 2005. Quatre attentats dans les transports publics de Londres font 56 morts et 700 blessés. Les terroristes sont britanniques, radicalisés en Angleterre. Deux ans plus tard, le Royaume Uni met en place le programme Prevent qui vise tout particulièrement les personnes vulnérables pouvant être manipulées par des djihadistes. L’ambition de ce programme est évidemment d’empêcher des attaques terroristes en tentant de repérer celles et ceux qui pourraient passer à l’acte.

Les Anglais peuvent informer les autorités de toute activité suspecte grâce à une hotline antiterroriste joignable 24 heures sur 24. Ils peuvent également parler aux services sociaux afin d’alerter sur la situation d’un proche en voie de radicalisation et signaler un ou plusieurs sites internet extrémistes.

Des experts, des représentants de la police spécialisés dans la lutte antiterroriste répondent à toutes les questions que les internautes peuvent se poser sur un compte Twitter dédié, ce qui permet de toucher plus facilement les jeunes qui sont traditionnellement le public cible des djihadistes.

Ce programme a été suivi en 2011 du programme Channel dont le principe consistait à rassembler tous les acteurs (police, santé, éducation, ONG, services sociaux, offices de logement…) pour repérer les individus susceptibles d’être recrutés, évaluer la nature et l’ampleur du risque et intervenir avant toute radicalisation.

Malheureusement, ces deux programmes n’ont pas empêché le départ d’au moins 800 Britanniques pour combattre en Irak ou en Syrie aux côtés de l’Etat Islamique. David Cameron a annoncé il y a quelques mois une série de mesures plus répressives : systématisation de la saisie des passeports de djihadistes – y compris des mineurs – en devenir ou sur le retour, impossibilité pour eux de revenir sur le sol britannique, pour une durée de deux ans au moins…

Deux programmes devraient cependant être maintenus : « Al Furqan » impliquant les imams des centres pénitenciers qui tentent de contrer, en s’appuyant sur les écrits du Coran, les visions extrémistes qui ont pu séduire certains et «Healthy Identities Intervention» incluant des psychologues qui entament un travail personnel avec un individu, pour évaluer et tenter de comprendre ce qui, dans son passé, a pu le conduire à être séduit par des thèses extrémistes.

Enfin, il est à noter qu’en 2008 a été créée un think-tank contre l’extrémisme islamiste promouvant l’islam modéré, la Quilliam Foundation, qui s’est fait connaître notamment en organisant des stages de « déradicalisation », une initiative qui n’a encore jamais été prise en France. L’ancien islamiste Maajid Nawaz en est le co-fondateur et président. Il s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet lors du forum Le Sursaut que nous avons co-organisé en avril dernier (vidéo disponible ici).   

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