Dans le contexte de la montée des actes antisémites en France en 2018, AJC appelle à une condamnation forte de l’antisémitisme observé depuis le début des manifestations des Gilets Jaunes

En 2018, les actes antisémites ont augmenté de 74%, a annoncé hier le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner (311 actes en 2017 contre 541 actes en 2018), confirmant la tendance haute des chiffres préliminaires révélés par le Premier Ministre Edouard Philippe au mois de novembre (augmentation de 69% pour les premiers mois de l’année).

Cette hausse alarmante de l’antisémitisme nous ramène au triste constat qu’en dépit de la bonne volonté de notre gouvernement, les actions menées en matière de lutte contre l’antisémitisme ne sont pas assez efficaces pour endiguer le phénomène. « Nos responsables politiques doivent redoubler d’efforts, et notre mobilisation doit être sans faille. Il faut aller plus vite, plus fort, plus loin dans l’implémentation des politiques et des programmes de lutte contre l’antisémitisme mis en place par le gouvernement ; et travailler davantage en collaboration avec les acteurs de la société civile, proposer ensemble de nouvelles solutions, de nouveaux remèdes pour s’attaquer non seulement aux symptômes mais aussi  aux sources de l’antisémitisme tel qu’il se manifeste aujourd’hui en France, » exprime Anne-Sophie Sebban-Bécache, directrice d’AJC Paris.

Cette annonce glaçante intervient après un week-end marqué par de nombreux actes de vandalisme antisémite ; en dernier lieu la profanation odieuse du mémorial en souvenir d’Ilan Halimi à Sainte-Geneviève-des-Bois, à l’avant-veille de la cérémonie d’hommage annuelle qui lui est consacrée.

En marge de l’Acte XIII des Gilets Jaunes, de multiples inscriptions antisémites ont été découvertes dans les rues de Paris : une inscription « Juden » (« Juifs », en Allemand, vestige du vocabulaire nazi) sur une vitrine de l’enseigne Bagelstein ; des croix gammées sur le portrait de Simone Veil ; ou encore les tags « Truie juive » et « Macron Jews’ Bitch » sur les murs de la capitale. Depuis le début des manifestations des Gilets Jaunes, de très nombreux faits de la même nature (banderoles, graffitis, paroles antisémites) ont malheureusement été constatés, sans que ces débordements ne soient jamais réellement réprouvés par le mouvement. Anne-Sophie Sebban-Bécache s’indigne : « le rejet de toute forme de représentativité n’exempte pas les Gilets Jaunes d’assumer leurs responsabilités : le mouvement doit s’insurger, et en masse, contre la radicalité et l’antisémitisme immonde qui règnent dans ses rangs ou assumer sa participation active à l’exacerbation de ces phénomènes ».

Ces faits sont corroborés par les chiffres dévoilés ce lundi par la dernière enquête IFOP menée pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch sur l’état du complotisme en France. La prégnance des théories conspirationnistes chez les partisans des Gilets Jaunes est tout à fait frappante : l’étude révèle ainsi qu’un Gilet Jaune sur deux ne croit pas en la version officielle de l’attentat de Strasbourg, de même qu’un Gilet Jaune sur deux adhère à la thèse d’un complot sioniste mondial ; « preuve s’il en est que l’antisémitisme, loin d’être un élément anecdotique, est un marqueur bien réel du mouvement, dont les partisans devront rendre des comptes », conclut la directrice d’AJC Paris.

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