Une campagne AJC sur la nécessité de qualifier le Hezbollah comme organisation terroriste

20 octobre 2020 – New York – Dans un encart publicitaire d’une page, publié demain dans le Wall Street Journal, l’American Jewish Committee (AJC) appelle à nouveau les 27 membres de l’Union européenne (UE) à désigner le Hezbollah comme une organisation terroriste. 

Cette annonce est la dernière en date d’une vaste campagne pluriannuelle menée par l’organisation internationale de défense des droits de l’homme pour sensibiliser à la réalité du Hezbollah et faire pression sur la communauté internationale pour que le groupe soutenu par l’Iran et basé au Liban soit désigné comme une organisation terroriste. Les analyses, rapports et autres ressources produits par AJC, dont une pétition adressée à l’UE, sur le Hezbollah, sont disponibles sur AJC.org/Hezbollah. 

« Le Hezbollah est une organisation terroriste, armée et soutenue par l’Iran. Elle a une portée mondiale – et meurtrière – de l’Europe à l’Amérique du Nord et du Sud, en passant par l’Afrique et l’Asie, et à travers tout le Moyen-Orient. En effet, durant cette même semaine, en 1983, deux attaques du Hezbollah au Liban ont tué 305 soldats de la paix, américains et français », indique l’encart d’AJC. « Pourtant, au mépris de toute logique, l’Union européenne insiste sur le fait qu’il y aurait deux Hezbollahs, l’un « politique », l’autre « militaire », n’interdisant que ce dernier en 2013″. 

Depuis plus de deux décennies, AJC exhorte les gouvernements d’Europe et du monde entier à qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste et à prendre des mesures concrètes pour contenir et combattre ses activités, notamment le blanchiment d’argent, le trafic de stupéfiants, la contrebande d’explosifs et d’armes, et la création de cellules actives sur tous les continents. 

À ce jour, la Ligue arabe, l’Argentine, le Canada, la Colombie, l’Allemagne, le Guatemala, le Conseil de coopération du Golfe, le Honduras, Israël, le Kosovo, la Lituanie, les Pays-Bas, la Serbie, le Royaume-Uni et les États-Unis ont reconnu sans réserve la réalité du Hezbollah et l’ont ajouté à leurs listes d’organisations terroristes. 

La liste comprend sept pays de plus que celle qui figurait dans une annonce similaire d’AJC, publiée dans le New York Times le 24 septembre 2019 et largement diffusée auprès des dirigeants mondiaux présents au débat d’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. 

« D’autres pays, nous l’espérons sincèrement, se joindront à cette tendance croissante en se débarrassant de toute illusion persistante et en affrontant la dure réalité : celle d’un Hezbollah indivisible, et terroriste de bout en bout » a déclaré le CEO d’AJC, David Harris. 

AJC est consternée par la fin de l’embargo sur les armes en Iran

15 octobre 2020, New York – L’American Jewish Committee, critiquant l’échec du Conseil de sécurité de l’ONU à prolonger l’embargo international sur les armes à destination de l’Iran, a proclamé dimanche 18 octobre « un jour profondément triste et dangereux pour la sécurité mondiale ». 

« Grâce à l’inaction du Conseil de sécurité de l’ONU, à partir du 18 octobre, l’Iran sera libre d’acheter et de vendre légalement des armes conventionnelles sans violer le JCPOA (accord nucléaire iranien de 2015) ou les restrictions de l’ONU », a déclaré le CEO de l’AJC, David Harris. « Il ne fait aucun doute que les voisins de l’Iran et les pays situés bien au-delà du Moyen-Orient subiront les conséquences de l’échec abject du Conseil de sécurité à dénoncer la véritable nature du régime de Téhéran et à l’endiguer ». 

Dans le cadre du JCPOA, l’embargo sur les armes, imposé pour la première fois en 2007, prendra fin le 18 octobre 2020.  

Une proposition américaine visant à prolonger l’embargo a été rejetée par le Conseil de sécurité le 14 août. Seule la République Dominicaine a voté avec les États-Unis en faveur de la mesure, tandis que la Russie et la Chine ont voté contre et que 11 pays, dont la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, se sont abstenus. 

« La Chine et la Russie sont maintenant très heureuses. Ces deux pays n’auront aucune hésitation ou scrupule à vendre ouvertement des armes à l’Iran », a déclaré M. Harris, ajoutant que « la Corée du Nord, le Venezuela et la Turquie sont tout aussi joyeux ». 

« La tragique réalité est que l’Iran aujourd’hui, malgré des défis économiques majeurs, est plus dangereux que jamais en tant qu’acteur régional et mondial », a déclaré M. Harris. « Les tentacules de l’Iran sont implantées en Irak, en Syrie, au Liban et à Gaza, elles essaient de s’introduire en Cisjordanie, soit directement, soit par son mandataire terroriste, le Hezbollah. Elles sont très actives en Afrique, en Europe, en Asie, en Amérique latine, et tentent continuellement d’entrer aux États-Unis ». 

Ajc est horrifié par l’acte barbare d’un terroriste islamiste dont le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty a été victime, pour avoir défendu la liberté d’expression

Vendredi dernier, un professeur d’histoire-géographie, Samuel Paty, a été assassiné et décapité par un terroriste islamiste à la sortie de son collège, à Conflans-Sainte-Honorine, après avoir montré des caricatures de Mahomet en classe. 

L’auteur des faits aurait crié « Allah Akbar » et aurait revendiqué son acte sur Twitter. 

Le nom de ce professeur vient s’ajouter à la liste tristement longue des victimes du terrorisme islamiste en France ces dernières années. 

« Nous sommes profondément choqués et attristés par cet acte odieux et souhaitons rendre hommage au professeur qui en a été la victime et à tous les professeurs de France qui transmettent les valeurs de la République avec bienveillance et courage, face à des élèves parfois réticents. Ils sont en première ligne face à l’obscurantisme. Samuel Paty l’a payé de sa vie. Nos pensées vont avant tout avec sa famille et ses proches » ont déclaré Simone Rodan-Benzaquen, directrice générale d’AJC Europe et Anne-Sophie Sebban Bécache, directrice d’AJC à Paris. 

Nous louons le fait qu’un hommage national soit rendu au professeur, mais cela est loin d’être suffisant. Tandis que le procès des attentats de 2015 est en cours, force est de constater que la liberté d’expression et le droit au blasphème ne sont toujours pas assimilés par l’ensemble de la société. A l’époque, avec de nombreuses associations partenaires, nous avions lancé un Sursaut, un appel à la mobilisation de toutes les forces démocratiques. Depuis près de vingt ans nous comptons parmi les lanceurs d’alertes, soutenant les professeurs, experts, intellectuels, associations qui depuis de trop nombreuses années pointent le combat majeur qui se joue à l’école. Peu de changements significatifs ont eu lieu.

Les terroristes islamistes ont franchi un pas de plus dans l’atrocité. La décapitation de Samuel Paty est insoutenable. La réponse doit être massive. Il est essentiel que les caricatures en question soient intégrées aux livres d’histoire, que des débats et discussions autour de la laïcité et la liberté d’expression soient organisés de manière régulière et intégrés officiellement au programme scolaire.  

Cela suffit. Il est temps également de désigner et condamner tous les idiots utiles de l’idéologie islamiste qui ont nourrit depuis plus de vingt ans aussi les divisions et la défiance vis à vis des valeurs qui fondent la république et la cohésion de notre nation. 

Aujourd’hui, nous appelons tous les Français à se lever et à s’unir face à l’horreur, en rejoignant les différents rassemblements organisés dans le pays en hommage à Samuel Paty et au nom de la liberté d’expression. 

AJC salue la décision de Facebook d’interdire les messages négationnistes

12 octobre 2020 – New York – L’American Jewish Committee (AJC) a salué la décision de Facebook de retirer tous les messages de négation et de distorsion de la Shoah de sa plateforme – et d’empêcher à l’avenir que de tels messages prolifèrent, en vertu de la politique de l’entreprise en matière de discours de haine.

« La décision de Facebook d’interdire les messages de négationnisme et de distorsion de la Shoah est profondément significative », a déclaré le CEO d’AJC, David Harris. « La connaissance de la Shoah, soit du meurtre systématique par les nazis de six millions de Juifs, est en déclin aux États-Unis et dans le monde, en particulier chez les jeunes. La puissance et la crédibilité de Facebook sont donc particulièrement vitales pour préserver la mémoire du génocide le plus documenté de l’Histoire, et aider à maintenir les garde-fous contre toute tentative de récidive. Il ne devrait pas y avoir le moindre doute sur ce que le régime nazi allemand a fait, et une plateforme aussi importante que Facebook ne devrait pas être utilisée par les antisémites pour colporter toute fausse information ou manipulation de l’Histoire ».

L’annonce de Facebook fait suite à une série de conversations entre AJC et des représentants de Facebook aux États-Unis et en Europe, un aspect essentiel de l’engagement continu de l’organisation internationale de défense des droits des Juifs avec les réseaux sociaux pour lutter contre l’antisémitisme et d’autres formes de haine et de sectarisme.

« L’annonce bienvenue d’aujourd’hui, qui souligne le rôle d’AJC, constitue une victoire significative dans la lutte contre le négationnisme, qui, ne vous y trompez pas, n’est rien d’autre qu’un antisémitisme non dissimulé », a déclaré David Harris.
Au sujet de sa relation avec AJC, Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook, a déclaré à David Harris : « La communication que nous avons eue avec vous, et d’autres partenaires proches, a été importante, vraiment, car ces perspectives externes nous aident à améliorer nos politiques. Notre expérience avec AJC a démontré que vous étiez des personnes en qui nous pouvons vraiment avoir confiance et dont nous pouvons apprendre. »

« La santé comme une idole » par David Isaac Haziza

Avec l’avènement de la pandémie, la santé n’a-t-elle pas été sacralisée comme si elle était la vie même ? Une vie sans danger, sans excès, sans audace, une vie sans la mort.

Une célèbre discussion survenue entre les Sages de Rome et ceux d’Israël est citée dans la Mishnah, au traité Avodah Zarah : « S’Il a en haine l’ idolâtrie, demandent les premiers aux seconds, pourquoi ne pas la détruire ? » C’est que, répondent les rabbins, « c’est le monde entier qui serait anéanti », les idolâtres vénérant d’ordinaire les entités constitutives de l’univers, le soleil, la lune, les étoiles, les êtres les plus nécessaires à la pérennité du monde. Au fond, que sont les idoles sinon des manifestations, des facettes du divin, que le divin ne saurait supprimer sans disparaître aussitôt ? Seulement, si « chaque créature indique Dieu, aucune ne le révèle », dit Gide avec raison dans ses Nourritures terrestres. Ça n’est pas le nombre de forces divines auxquelles on croit qui constitue l’idolâtrie ; ça n’est pas de se prosterner devant l’une d’entre elles, de s’incliner face à une créature, homme ou être d’ici-bas : c’est de prendre pour la totalité du divin un être qui l’indique – et, ponctuellement, pourrait en effet l’incarner.

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« Délit de faciès » par Gabriel Abensour

On l’a lu, partout, on l’a vu sur toutes les chaînes, les Juifs ultraorthodoxes, les “harédim”, ne respectent pas le confinement, ne respectent pas grand-chose, d’ailleurs, si ce n’est leurs maîtres. Et si les choses étaient bien plus complexes et nuancées ?

« UN PEUPLE « VIVANT » DONT TOUTE LA FORCE COLLECTIVE RÉSIDE DANS SA CAPACITÉ À GÉMIR ; À SE CACHER JUSQU’À CE QUE PASSE LA TEMPÊTE ; À SE DÉTOURNER DE SON FRÈRE MISÉRABLE ET À RÉCOLTER QUELQUES BROUTILLES EN CACHETTE ; À SE FROTTER AUX GENTILS POUR GAGNER SA VIE TOUT EN SE PLAIGNANT DE LEUR PERFIDIE – AUCUN DIEU NE VOUDRA RENDRE JUSTICE À UN TEL PEUPLE, CAR CELUI-CI N’EN EST PAS DIGNE. »
Yosef Hayim Brenner, Anthologie, Tel-Aviv, 1985, Tome IV, p. 1286

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« La République des invisibles » par Amine El Khatmi

Caissières, agents de la voirie, chauffeurs routiers, livreurs, aides-soignants, brancardiers, manutentionnaires… La crise que nous traversons depuis quelques mois met en lumière de façon spectaculaire toute une série de professions qui peinaient à obtenir la juste reconnaissance que nous leur devons collectivement.

Ces salariés du « back-office », pour reprendre l’expression notamment popularisée par le philosophe et spécialiste des relations sociales Denis Maillard, se sont d’autant plus imposés à nous qu’ils se sont trouvés liés par une caractéristique commune les différenciant de millions d’autres salariés : le télétravail leur était impossible.

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« Penser contre la haine » par David Gakunzi

Nos édifices sont debout. Et pourtant le tremblement planétaire a bien eu lieu. Notre monde a été retourné. Chamboulé. Confinement général. L’attente comme unique horizon. L’immobilité comme seul mouvement. Eruption au grand jour, sous la menace d’une petite chose invisible à l’œil nu, d’un temps figé. Que ressortira de ce séisme sanitaire introduisant, sans préavis, une profonde rupture dans  notre quotidien mondial? Notre part de lumière ou notre part de laideur ?

La vérité est qu’à ce stade nous ne savons pas grand-chose de ce qui adviendra. Nous ne pouvons que tendre l’oreille et écouter ce qui se dit ;  observer le langage courant. Car au-delà de sa fonction de nomination des choses existantes, le langage disant ce qui est, annonce aussi parfois ce qui adviendra. Il arrive que ce qui est dit dans le présent fasse signe des vestiges du futur.

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« Le retour des médias de confiance » par David Medioni

Alors que le monde « d’après » ou le monde « d’avec » le Covid-19 démarre à peine, j’ai envie d’imaginer Arthur Miller, le célèbre dramaturge américain, heureux. Pourquoi donc ? Simplement, parce que dans cette période si particulière que nous venons de traverser, le souhait qu’il formulait à propos de la presse et du journalisme, en 1961, dans un entretien accordé au London Observer, s’est exaucé. Ce jour-là, Arthur Miller déclarait: « Un bon journal, c’est une nation qui se parle à elle-même ».

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« Tout change, rien ne change » par Émilie Frèche

Après la sidération, l’angoisse, le nombre de morts, les inconnus à dix chiffres, la fin de l’école, les trente-six repas par jour à la maison, la fermeture des cinémas, des piscines, des jardins, des restaurants et la suspension de nos projets pour une durée illimitée, il m’est apparu que le Covid-19 pourrait avoir au moins un avantage: éradiquer l’antisémitisme. Ce sale virus n’avait pas réussi là où nous avions tous échoué, faire comprendre aux plus haineux qu’au bout du compte, nous sommes tous égaux face à la mort, (il ne faut quand même pas rêver), mais il était parvenu au petit exploit de reléguer notre part juive au dernier rang de nos identités multiples. Et ô, magie, cela valait pour l’ensemble des minorités. En effet, tout à coup, nous n’étions plus d’abord juif, musulman, catholique, Noir, homosexuel ou que sais-je encore, mais seulement vieux ou jeune, fragile ou bien portant. La pandémie avait renversé la table. En un temps record, elle avait instauré d’autres clivages, de nouveaux rapports de force. La montée du communautarisme que nous dénoncions depuis vingt ans s’était désagrégée, il n’y avait plus ni concurrence victimaire, ni concurrence des mémoires, et ce bel universalisme que nous avions tant appelé de nos vœux à coups d’articles, de colloques et de rencontres en ZEP allait enfin pouvoir triompher – le bonheur! Résultat, comme il n’y avait plus d’accidents de voiture, il n’y avait plus d’agressions racistes et antisémites; plus de sondages alarmants; plus de journaux titrant sur « Le nouvel antisémitisme » ou « La peur des Juifs de France. » Enfin, on nous foutait la paix. Et dans les repas de famille confinés, pour la première fois depuis des siècles, les Juifs ne se demandaient plus dans quel pays ils pourraient s’exiler – de toute façon, toutes les frontières étaient fermées, il n’y avait nulle part où aller.

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« Les enfants de Mathusalem » par Jérôme Guedj

Et soudain le monde entier (re)découvrit les vieux à l’aune d’une crise sanitaire sans précédent et un virus particulièrement âgiste : ses victimes sont très majoritairement les personnes âgées, et particulièrement les plus fragiles (90 % des décès concernent les plus de 65 ans, et la moitié des quelque 28 000 morts en France à l’heure où j’écris ces lignes sont des résidents d’Ehpad). Dans la communauté juive, les embrassades et effusions des festivités de Pourim ont fait des ravages parmi les anciens (mes pensées vont à cet instant à la mémoire de mon ami Joseph Zerbib de Massy). La Covid nous oblige donc à regarder ce que nous interdit bien souvent notre déni intime du vieillissement, que prolonge un déni collectif : un sujet trop rarement dans le débat public, hors situation de grande émotion, comme après la canicule de 2003 et ses 19 000 morts, déjà essentiellement des âgés, en moins de trois semaines. Les vieux sont pourtant là, et partout. Car nous sommes tous des vieux en devenir. Car les générations de babyboomers arrivent aux âges avancés. Car la révolution de la longévité, celle dont Claude Levi-Strauss disait à la fin de sa vie qu’elle constituait un phénomène anthropologique aussi important que la sédentarisation au néolithique, s’opère sous nos yeux sans qu’on en tire les nécessaires conséquences.

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« Soigner avec les yeux » par Delphine Horvilleur

Depuis des semaines, je relis le même épisode du Talmud. La légende est célèbre : c’est celle d’un homme qui vivait au deuxième siècle de notre ère en Galilée et avait pour nom Rabbi Shimon Bar-Yoh’ai. Accusé par les autorités romaines de trahison et menacé de mort, il se réfugia dans une grotte et y vécut avec son fils, douze années entières, sans aucun contact avec le monde extérieur. Immergés tous deux dans la Torah, de jour comme de nuit, ils sont le modèle talmudique du plus grand confinement.

Le texte affirme qu’après douze ans d’enfermement, tous deux se « déconfinèrent », pleins de sagesse et d’espoir. Mais au dehors, en constatant que le monde vaquait à ses occupations profanes et délaissait l’étude, tous deux furent pris de colère. Et celle-ci enflamma littéralement leur regard, devenu incandescent. Partout où leurs yeux se posaient, le monde prenait feu.

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« De ma fenêtre… » par Gilles Clavreul

Pangloss disait quelquefois à Candide : Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de mademoiselle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.

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