« Penser contre la haine » par David Gakunzi

Nos édifices sont debout. Et pourtant le tremblement planétaire a bien eu lieu. Notre monde a été retourné. Chamboulé. Confinement général. L’attente comme unique horizon. L’immobilité comme seul mouvement. Eruption au grand jour, sous la menace d’une petite chose invisible à l’œil nu, d’un temps figé. Que ressortira de ce séisme sanitaire introduisant, sans préavis, une profonde rupture dans  notre quotidien mondial? Notre part de lumière ou notre part de laideur ?

La vérité est qu’à ce stade nous ne savons pas grand-chose de ce qui adviendra. Nous ne pouvons que tendre l’oreille et écouter ce qui se dit ;  observer le langage courant. Car au-delà de sa fonction de nomination des choses existantes, le langage disant ce qui est, annonce aussi parfois ce qui adviendra. Il arrive que ce qui est dit dans le présent fasse signe des vestiges du futur.

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« Le retour des médias de confiance » par David Medioni

Alors que le monde « d’après » ou le monde « d’avec » le Covid-19 démarre à peine, j’ai envie d’imaginer Arthur Miller, le célèbre dramaturge américain, heureux. Pourquoi donc ? Simplement, parce que dans cette période si particulière que nous venons de traverser, le souhait qu’il formulait à propos de la presse et du journalisme, en 1961, dans un entretien accordé au London Observer, s’est exaucé. Ce jour-là, Arthur Miller déclarait: « Un bon journal, c’est une nation qui se parle à elle-même ».

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« Tout change, rien ne change » par Émilie Frèche

Après la sidération, l’angoisse, le nombre de morts, les inconnus à dix chiffres, la fin de l’école, les trente-six repas par jour à la maison, la fermeture des cinémas, des piscines, des jardins, des restaurants et la suspension de nos projets pour une durée illimitée, il m’est apparu que le Covid-19 pourrait avoir au moins un avantage: éradiquer l’antisémitisme. Ce sale virus n’avait pas réussi là où nous avions tous échoué, faire comprendre aux plus haineux qu’au bout du compte, nous sommes tous égaux face à la mort, (il ne faut quand même pas rêver), mais il était parvenu au petit exploit de reléguer notre part juive au dernier rang de nos identités multiples. Et ô, magie, cela valait pour l’ensemble des minorités. En effet, tout à coup, nous n’étions plus d’abord juif, musulman, catholique, Noir, homosexuel ou que sais-je encore, mais seulement vieux ou jeune, fragile ou bien portant. La pandémie avait renversé la table. En un temps record, elle avait instauré d’autres clivages, de nouveaux rapports de force. La montée du communautarisme que nous dénoncions depuis vingt ans s’était désagrégée, il n’y avait plus ni concurrence victimaire, ni concurrence des mémoires, et ce bel universalisme que nous avions tant appelé de nos vœux à coups d’articles, de colloques et de rencontres en ZEP allait enfin pouvoir triompher – le bonheur! Résultat, comme il n’y avait plus d’accidents de voiture, il n’y avait plus d’agressions racistes et antisémites; plus de sondages alarmants; plus de journaux titrant sur « Le nouvel antisémitisme » ou « La peur des Juifs de France. » Enfin, on nous foutait la paix. Et dans les repas de famille confinés, pour la première fois depuis des siècles, les Juifs ne se demandaient plus dans quel pays ils pourraient s’exiler – de toute façon, toutes les frontières étaient fermées, il n’y avait nulle part où aller.

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« Les enfants de Mathusalem » par Jérôme Guedj

Et soudain le monde entier (re)découvrit les vieux à l’aune d’une crise sanitaire sans précédent et un virus particulièrement âgiste : ses victimes sont très majoritairement les personnes âgées, et particulièrement les plus fragiles (90 % des décès concernent les plus de 65 ans, et la moitié des quelque 28 000 morts en France à l’heure où j’écris ces lignes sont des résidents d’Ehpad). Dans la communauté juive, les embrassades et effusions des festivités de Pourim ont fait des ravages parmi les anciens (mes pensées vont à cet instant à la mémoire de mon ami Joseph Zerbib de Massy). La Covid nous oblige donc à regarder ce que nous interdit bien souvent notre déni intime du vieillissement, que prolonge un déni collectif : un sujet trop rarement dans le débat public, hors situation de grande émotion, comme après la canicule de 2003 et ses 19 000 morts, déjà essentiellement des âgés, en moins de trois semaines. Les vieux sont pourtant là, et partout. Car nous sommes tous des vieux en devenir. Car les générations de babyboomers arrivent aux âges avancés. Car la révolution de la longévité, celle dont Claude Levi-Strauss disait à la fin de sa vie qu’elle constituait un phénomène anthropologique aussi important que la sédentarisation au néolithique, s’opère sous nos yeux sans qu’on en tire les nécessaires conséquences.

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« Soigner avec les yeux » par Delphine Horvilleur

Depuis des semaines, je relis le même épisode du Talmud. La légende est célèbre : c’est celle d’un homme qui vivait au deuxième siècle de notre ère en Galilée et avait pour nom Rabbi Shimon Bar-Yoh’ai. Accusé par les autorités romaines de trahison et menacé de mort, il se réfugia dans une grotte et y vécut avec son fils, douze années entières, sans aucun contact avec le monde extérieur. Immergés tous deux dans la Torah, de jour comme de nuit, ils sont le modèle talmudique du plus grand confinement.

Le texte affirme qu’après douze ans d’enfermement, tous deux se « déconfinèrent », pleins de sagesse et d’espoir. Mais au dehors, en constatant que le monde vaquait à ses occupations profanes et délaissait l’étude, tous deux furent pris de colère. Et celle-ci enflamma littéralement leur regard, devenu incandescent. Partout où leurs yeux se posaient, le monde prenait feu.

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« De ma fenêtre… » par Gilles Clavreul

Pangloss disait quelquefois à Candide : Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de mademoiselle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.

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Déclaration de l’AJC sur le meurtre de George Floyd et la quête de justice raciale aux Etats-Unis

2 juin 2020 — New York — L’AJC est en deuil suite à la mort tragique de George Floyd, assassiné le 25 mai sous les genoux d’un officier de police de Minneapolis, alors que trois autres officiers ont regardé et sont restés sur place — voire ont encouragé — cet effroyable acte meurtrier. Il est la dernière victime d’un fléau chronique et insidieux.

Nous condamnons les actes injustifiés de vandalisme et de violence perpétrés par une minorité de personnes présente parmi les manifestants dans les rues américaines. Ces actes déshonorent la mémoire de George Floyd, dont la mort en détention policière a mené un pays assailli par la contagion et la misère économique à une nouvelle rencontre avec son histoire d’injustice raciale. Ceux qui perturbent et subvertissent les manifestations pacifiques font reculer, et non progresser, la cause de la justice raciale.

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AJC lance #BeAMensch sur les réseaux sociaux pour encourager toutes les actions de solidarité durant la pandémie

L’American Jewish Committee lance aujourd’hui #BeAMensch, une nouvelle initiative internationale visant à encourager et à mettre en valeur les actes de solidarité et de bienveillance à l’œuvre durant la pandémie du Coronavirus.

Qu’est-ce qu’un Mensch ?

C’est un mot yiddish qui signifie « une personne intègre et honorable ». C’est en fait quelqu’un – homme ou femme – au service du bien, soit un héros du quotidien.

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AJC exhorte les dirigeants politiques belges et ceux de l’Union européenne à condamner le défilé antisémite du carnaval d’Alost

Bruxelles, le 23 février 2020 – AJC Transatlantic Institute condamne fermement le défilé de caricatures antisémites du carnaval d’Alost qui a eu lieu hier, avec l’accord des autorités belges.

AJC exhorte les dirigeants politiques belges et ceux de l’Union européenne à condamner les costumes et demande à l’UE d’enquêter sur la Belgique.

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AJC horrifié par l’attaque antisémite survenue au domicile d’un rabbin à Monsey

29 décembre 2019 – New York – L’American Jewish Committee est horrifié par l’attaque antisémite survenue au domicile d’un rabbin à Monsey, dans la région de New York. David Harris, CEO d’AJC Global s’est exprimé:

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’attaque antisémite qui a eu lieu au domicile d’un rabbin à Monsey, New York, pendant la fête juive de Hanoucca. Nous prions pour le rétablissement complet des personnes blessées par l’agresseur, muni d’une machette. Et nous remercions les forces de l’ordre pour leur réaction rapide et l’arrestation du suspect présumé à New York.

Nous sommes témoins d’une véritable épidémie d’attaques antisémites dans la région de New York. Rien que la semaine dernière, il y en a eu au moins une par jour.

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Oui, les deux résolutions votées par la France à l’ONU désignent bien Israël comme seul pays violateur des droits des femmes.

Le 23 juillet dernier, deux résolutions accusant Israël de violer les droits de la femme étaient soumises au vote du Conseil économique et social des Nations unies (l’ECOSOC) avant d’être adoptées. Parmi les pays ayant voté pour : l’Iran, le Pakistan, le Yémen, l’Arabie saoudite et…la France.

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le fait qu’Israël soit le seul pays fustigé par ces résolutions. Et pour cause :

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