75ème anniversaire du débuts de la seconde Guerre Mondiale : Des leçons à vocation contemporaine.

huffington_post

par David Harris, Directeur Executif d’AJC. 

Cela fait exactement 75 ans cette semaine que l’Allemagne nazie envahissait la Pologne, qui malgré sa tentative de résister vaillamment, fut submergée par une armée d’invasion numériquement et techniquement supérieure.

Le 3 Septembre 1939, la Grande-Bretagne et la France déclaraient la guerre à l’Allemagne.

L’histoire des années qui suivirent cette déclaration jusqu’à  jour de la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945, fut retranscrite fidèlement.

Au cours des six ans de bataille sur le continent européen – pour ne pas mentionner d’autres théâtres militaires clés en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, et, bien sûr, en Asie – on estime que 50 à 60.000.000 personnes furent tuées et des dizaines de millions d’autres furent blessés, sans-abri, ou exilés.

Six millions de Juifs, dont un-et-demi-million d’enfants, furent parmi les victimes. Près de la moitié étaient issus de la Pologne, tandis que d’autres communautés juives comme celle de la Lituanie ou de la Grèce furent quasi-totalement anéanties. 

Dans la quête vers ce qu’ils appelaient la Endlösung, ou Solution finale, les nazis avaient créé un tout nouvel alphabet du génocide : de la lettre «A» pour Auschwitz, le plus tristement célèbre des camps de concentration, à « Z » pour Zyklon-B, le gaz mortel gaz utilisé pour tuer un grand nombre de Juifs.

En effet, le mot même de « génocide » n’existait pas encore à l’époque. Le Premier ministre britannique, Winston Churchill a dit en 1941: « Nous sommes en présence d’un crime sans nom. » Quelques années plus tard, un Juif polonais, Raphaël Lemkin, inventa le mot «génocide » pour se référer à la campagne nazie d’anéantissement du peuple juif.

Cette occasion historique solennelle apporte des leçons dont la signification est contemporaine.

Tout d’abord, le monde démocratique, le plus grand espoir de l’humanité, ne doit jamais souffrir d’un manque d’imagination.

Adolf Hitler précisait ses objectifs dans Mein Kampf (et ailleurs) avant janvier 1933 au moment de devenir chancelier allemand.  Or un ensemble de politiques, de diplomates, de journalistes et de chercheurs en Europe et aux États-Unis choisirent, pour « x » raisons, de ne pas le prendre au mot.

Au contraire, ils se sont convaincus, et à leur tour, ont cherché à persuader les autres, que les responsabilités de gouvernance contribueraient à modérer le Führer allemand ; qu’il ne pensait pas vraiment ce qu’il disait, mais avait recours à des excès rhétoriques afin de restaurer la fierté allemande après les humiliations de la Première Guerre mondiale et du Traité de Versailles ; ou qu’il pouvait servir de rempart utile contre la Russie bolchevique.

Deuxièmement, Winston Churchill était une exception héroïque. Il n’a jamais été dans le doute quant aux intentions d’Hitler, mais, hélas, il n’eut pas de poste politique au cours des années fatidiques de 1933 à 1939.

Voici, par exemple, ce qu’a écrit Churchill : « Un jour, le Président Roosevelt m’a demandé des suggestions sur comment la guerre devait être appelée. Je lui ai répondu…la guerre inutile. Il n’y a jamais eu une guerre plus facile à arrêter que celle qui vient de détruire ce qui restait du monde de la lutte précédente [ie, la Première Guerre mondiale] ».

Churchill faisait allusion aux moments clés entre 1933 et 1939 – et il y en avait plusieurs – où les dirigeants auraient du résister au Troisième Reich plutôt que de détourner les yeux, à chercher à apaiser, ou à se convaincre que ce qu’ils voyaient n’était pas la réalité.

Compte tenu de la situation périlleuse du monde d’aujourd’hui, il n’est pas étonnant que tant de gens continuent à citer Churchill et aspirent à des dirigeants qui partagent ses qualités de leadership indéfectibles.

Troisièmement, il y a des moments où les outils du « soft power » – tels que le dialogue, la négociation et le compromis – ne fonctionnent plus autant qu’ils le devraient même si cela doit toujours être les options privilégiées.

Poussé par les théories raciales diaboliques, les ambitions territoriales, et l’aspiration à un «Reich millénaire», le régime nazi aurait pu être arrêté de cette façon et son idéologie serait « mort-née » il y a 75 ans, aujourd’hui.

À son crédit, la Pologne avait compris.

L’armée polonaise s’est défendue tant bien que mal contre la blitzkrieg allemande, mais n’était pas de taille.

La Grande-Bretagne, alors dirigée par Churchill, et la France déclarèrent donc la guerre à l’Allemagne, mais avec la chute de la France en Juin 1940, la Grande-Bretagne fut essentiellement seule jusqu’à Juin 1941, lorsque l’URSS conclut, à la suite de son pacte faustien avec Hitler, le pacte germano-soviétique. Et puis, bien sûr, les États-Unis, de toutes ses forces, rejoignirent la cause des Alliés en Décembre 1941, après Pearl Harbor.

Rien de moins que l’inconditionnelle capitulation allemande était l’objectif des Alliés. Après un immense courage et de grands sacrifices, il a été atteint.

Et quatrièmement, il aurait été impossible d’imaginer, le 1er Septembre 1939, la formation d’une l’Union européenne, avec en son cœur, la France et l’Allemagne en tant que partenaires et alliés.

Ou de penser que 75 ans plus tard, presque jour pour jour, le Premier Ministre polonais serait choisi pour diriger les 28 États membres de l’UE, et un ministre des Affaires étrangères italien, dont le pays était autrefois allié à l’Allemagne nazie, allait devenir le chef de la politique étrangère.

L’UE ne s’est pas faite par hasard.

Au contraire, elle résulte de la vision extraordinaire de ces dirigeants qui, après la fin de la guerre, décidèrent de créer un modèle alternatif pour le continent européen imbibé de sang.

Ils ont réussi au-delà de leurs rêves les plus fous, mais tant que l’Est et l’Ouest étaient définis par le Mur de Berlin, ces derniers ont été limités dans ce qu’ils pouvaient réaliser. Après la chute du mur, cependant, l’UE a pu s’élargir encore, tout comme l’élargissement de la zone de paix et de démocratie ; ce qui prouve que l’histoire peut en effet faire un bond en avant.

Pendant ce temps, quand Polonais et  Juifs avaient encore la chance de quitter leur pays, trop souvent, ils n’avaient nulle part où aller. Ils ont été pris au piège. Dans les années 1930, Hitler ralliait le monde, affirmant que si tout le monde était inquiet du sort des Juifs, d’autres pays devraient alors les accueillir et les réinstaller. Mais hélas, avec malheureusement quelques exceptions près, il n’y eut pas beaucoup de tapis de bienvenue – mis à part les États-Unis, le Canada ou l’Australie.

Si Israël avait existé en tant qu’Etat souverain en 1939, plutôt que comme un mandat britannique aux politiques d’immigration restrictives sérieuses, combien de Juifs européens auraient pu être sauvés de leur destin tragique à Belzec, Buchenwald et Birkenau?

Pourtant, étonnamment, seulement dix ans après le début de la guerre, la nation d’Israël renaissait, l’accomplissement de la vision ancienne du peuple juif, furent  admise à l’ONU, elle-même créée seulement quatre ans plus tôt.

Oui, l’impossible peut arriver.

Ainsi, tout comme le monde démocratique doit-il être vigilant sur les maux qui se cachent, il ne faut jamais perdre sa capacité à imaginer et à s’efforcer de toujours aller de l’avant. 

De cet anniversaire solennel, ce sont des leçons qui méritent bien d’être méditées.

Source : Le Huffington Post 

Tribune dans le Huffington Post: Le Hezbollah doit être placé sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne

« La France se devait de combattre le terrorisme« . C’est ainsi que le Président Hollande a justifié à juste titre l’intervention française au Mali dans son discours prononcé face au peuple malien le 2 février dernier.

« Il n’y a aucune impunité pour les terroristes et il n’y en aura pas (…) Face au terrorisme, il faut être implacable ». Ces mots sont ceux de Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères. Ils ne laissent que peu de place à l’interprétation.

Oui, le mandat du président Hollande est, et sera placé sous le signe de la lutte anti terroriste. La France n’a effectivement plus le choix et ce combat contre le terrorisme lui est imposé.
En conséquence, la France a décidé d’adopter une doctrine claire pour traiter cette menace : l’intransigeance ! Effectivement le Président Hollande a agi avec détermination au Mali. Aussi, grâce à l’action de son ministre Manuel Valls, le gouvernement a également décidé d’agir avec fermeté contre le terrorisme sur le sol français, en traquant et en expulsant ceux qui essaient d’inciter à la violence et à la haine.

L’été dernier, un pays membre de l’Union européenne a été frappé par un attentat terroriste. Ce pays c’est la Bulgarie, cet attentat c’est celui de Burgas.

Après plus de six mois d’enquête approfondie les conclusions du rapport ont été rendues le 5 février. Les autorités bulgares ont clairement identifié le Hezbollah comme commanditaire et organisateur de l’horreur de Burgas.

Aujourd’hui la France se doit de demander à ce que le Hezbollah soit placé sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne, par fermeté envers le terrorisme, mais aussi par solidarité avec un autre pays européen.

Des pays comme les Etats Unis ou les Pays Bas ont déjà pris acte du fait que le Hezbollah est une entité qui alimente allègrement une idéologie destructrice, et l’ont placé sans état d’âme sur la liste déjà longue des organisations terroristes. Le Royaume Uni a quant à lui décidé de faire une distinction et de placer uniquement la branche militaire sur la liste des organisations terroristes nationale.

Les raisons ne manquent pas pour agir dans ce sens. Il ne faut pas oublier que le Hezbollah fut le premier à introduire la pratique de l’attentat suicide au Moyen-Orient, qu’il a maintes fois utilisée contre des cibles civiles, politiques et militaires, tant en Israël, que dans des pays arabes et à travers le monde. Le Hezbollah a kidnappé des étrangers et les a détenus en otage pendant des années dans des conditions des plus dégradantes. Le Hezbollah entretient des liens étroits avec d’autres organisations terroristes infiltrées en réseaux. Le Hezbollah travaille en étroite collaboration avec les cartels de la drogue afin de financer ses besoins terroristes. Le Hezbollah est le relais privilégié des Etats voyous, et l’Iran et la Syrie sont ses premiers parrains « officiels ». Ils l’hébergent, le financent et forment ses cadres. Le régime syrien a directement fourni des armes et ce en facilitant l’acheminement sur son territoire à destination du Liban où le Hezbollah a établi ses bases de façon hégémonique. On sait qu’en échange, le Hezbollah a appuyé le régime syrien de Bashar Al Assad en lui fournissant un soutien actif dans cette guerre qui n’en finit plus de laminer son peuple. Les rebelles syriens ont longtemps accusé le Hezbollah de fournir une assistance stratégique et l’envoi de combattants pour soutenir les forces du régime. En Juin 2011, les slogans des manifestations de rues syriennes étaient aussi bien contre la dictature du président Assad que contre les exactions du Hezbollah.

La France qui partage une histoire étroite avec le Liban est soucieuse du maintien d’une certaine stabilité politique dans ce pays déchiré entre les différentes confessions, factions et clans rivaux.
Cependant la France doit se faire un point d’honneur, dans ses relations profondes et historiques avec le Liban, à défendre avec une détermination sans faille ses valeurs ainsi que l’indépendance de ce pays ami.

L’Union Européenne va devoir réagir, et la France est attendue par ses partenaires européens pour mettre en cohérence ses engagements courageux. Pour différentes raisons, la France a jusqu’à présent refusé de condamner sans appel le Hezbollah et placer cette nébuleuse sur la liste des organisations terroristes, la privant ainsi de subventions, d’aides et de liberté de circulation. Les récentes déclarations du Président de la République et de son ministre des Affaires Etrangères vont, je l’espère dans le sens d’une décision attendue pour combattre sans retenue le terrorisme en général et le Hezbollah en particulier. Il est temps pour la France de demander sans plus attendre à l’Union Européenne de placer le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.

AJC Mourns the Passing of Ambassador Richard Holbrooke

December 13, 2010 — New York — AJC Executive Director David Harris issued the following statement on the passing of Ambassador Richard Holbrooke.
« We mourn the loss of a giant of American diplomacy. Richard Holbrooke devoted the better part of his life to advancing our nation’s foreign policy and bringing hope to millions around the world. A remarkably energetic, creative, and determined public servant, he will long be remembered for bringing the bloody conflict and Serb-instigated ethnic cleansing in Bosnia to an end through the Dayton Accords, and, more recently, for leading so skillfully America’s efforts in the complex region of Afghanistan and Pakistan.
“At AJC, we shall also long cherish the close relationship we had with him, particularly in his roles as Ambassador to Germany and Permanent Representative to the United Nations. In the latter position, for example, he was instrumental in helping correct Israel’s anomalous status as the only UN member state ineligible to vie for a seat on the Security Council. Having become aware of the issue, as he often said, because of a series of full-page AJC ads in The New York Times, Holbrooke mobilized his vast experience to overcome five decades of systemic discrimination against Israel and right a wrong.
“And we shall never forget his speech at our gala dinner in honor of Ambassador Morris Abram, the founder of AJC’s UN Watch, in December 1999. Just off a plane from Africa, Ambassador Holbrooke spoke so movingly of what he had just seen and the need to focus far more global attention on political, economic and social development for what he viewed as a neglected continent.
“We mourn Ambassador Holbrooke’s passing, as we remain grateful for all that he achieved, on behalf of the United States, a country he loved, to advance democratic values, humanitarian concerns, and security interests around the world. »