« La santé comme une idole » par David Isaac Haziza

Avec l’avènement de la pandémie, la santé n’a-t-elle pas été sacralisée comme si elle était la vie même ? Une vie sans danger, sans excès, sans audace, une vie sans la mort.

Une célèbre discussion survenue entre les Sages de Rome et ceux d’Israël est citée dans la Mishnah, au traité Avodah Zarah : « S’Il a en haine l’ idolâtrie, demandent les premiers aux seconds, pourquoi ne pas la détruire ? » C’est que, répondent les rabbins, « c’est le monde entier qui serait anéanti », les idolâtres vénérant d’ordinaire les entités constitutives de l’univers, le soleil, la lune, les étoiles, les êtres les plus nécessaires à la pérennité du monde. Au fond, que sont les idoles sinon des manifestations, des facettes du divin, que le divin ne saurait supprimer sans disparaître aussitôt ? Seulement, si « chaque créature indique Dieu, aucune ne le révèle », dit Gide avec raison dans ses Nourritures terrestres. Ça n’est pas le nombre de forces divines auxquelles on croit qui constitue l’idolâtrie ; ça n’est pas de se prosterner devant l’une d’entre elles, de s’incliner face à une créature, homme ou être d’ici-bas : c’est de prendre pour la totalité du divin un être qui l’indique – et, ponctuellement, pourrait en effet l’incarner.

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« La République des invisibles » par Amine El Khatmi

Caissières, agents de la voirie, chauffeurs routiers, livreurs, aides-soignants, brancardiers, manutentionnaires… La crise que nous traversons depuis quelques mois met en lumière de façon spectaculaire toute une série de professions qui peinaient à obtenir la juste reconnaissance que nous leur devons collectivement.

Ces salariés du « back-office », pour reprendre l’expression notamment popularisée par le philosophe et spécialiste des relations sociales Denis Maillard, se sont d’autant plus imposés à nous qu’ils se sont trouvés liés par une caractéristique commune les différenciant de millions d’autres salariés : le télétravail leur était impossible.

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« Penser contre la haine » par David Gakunzi

Nos édifices sont debout. Et pourtant le tremblement planétaire a bien eu lieu. Notre monde a été retourné. Chamboulé. Confinement général. L’attente comme unique horizon. L’immobilité comme seul mouvement. Eruption au grand jour, sous la menace d’une petite chose invisible à l’œil nu, d’un temps figé. Que ressortira de ce séisme sanitaire introduisant, sans préavis, une profonde rupture dans  notre quotidien mondial? Notre part de lumière ou notre part de laideur ?

La vérité est qu’à ce stade nous ne savons pas grand-chose de ce qui adviendra. Nous ne pouvons que tendre l’oreille et écouter ce qui se dit ;  observer le langage courant. Car au-delà de sa fonction de nomination des choses existantes, le langage disant ce qui est, annonce aussi parfois ce qui adviendra. Il arrive que ce qui est dit dans le présent fasse signe des vestiges du futur.

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« Le retour des médias de confiance » par David Medioni

Alors que le monde « d’après » ou le monde « d’avec » le Covid-19 démarre à peine, j’ai envie d’imaginer Arthur Miller, le célèbre dramaturge américain, heureux. Pourquoi donc ? Simplement, parce que dans cette période si particulière que nous venons de traverser, le souhait qu’il formulait à propos de la presse et du journalisme, en 1961, dans un entretien accordé au London Observer, s’est exaucé. Ce jour-là, Arthur Miller déclarait: « Un bon journal, c’est une nation qui se parle à elle-même ».

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« Tout change, rien ne change » par Émilie Frèche

Après la sidération, l’angoisse, le nombre de morts, les inconnus à dix chiffres, la fin de l’école, les trente-six repas par jour à la maison, la fermeture des cinémas, des piscines, des jardins, des restaurants et la suspension de nos projets pour une durée illimitée, il m’est apparu que le Covid-19 pourrait avoir au moins un avantage: éradiquer l’antisémitisme. Ce sale virus n’avait pas réussi là où nous avions tous échoué, faire comprendre aux plus haineux qu’au bout du compte, nous sommes tous égaux face à la mort, (il ne faut quand même pas rêver), mais il était parvenu au petit exploit de reléguer notre part juive au dernier rang de nos identités multiples. Et ô, magie, cela valait pour l’ensemble des minorités. En effet, tout à coup, nous n’étions plus d’abord juif, musulman, catholique, Noir, homosexuel ou que sais-je encore, mais seulement vieux ou jeune, fragile ou bien portant. La pandémie avait renversé la table. En un temps record, elle avait instauré d’autres clivages, de nouveaux rapports de force. La montée du communautarisme que nous dénoncions depuis vingt ans s’était désagrégée, il n’y avait plus ni concurrence victimaire, ni concurrence des mémoires, et ce bel universalisme que nous avions tant appelé de nos vœux à coups d’articles, de colloques et de rencontres en ZEP allait enfin pouvoir triompher – le bonheur! Résultat, comme il n’y avait plus d’accidents de voiture, il n’y avait plus d’agressions racistes et antisémites; plus de sondages alarmants; plus de journaux titrant sur « Le nouvel antisémitisme » ou « La peur des Juifs de France. » Enfin, on nous foutait la paix. Et dans les repas de famille confinés, pour la première fois depuis des siècles, les Juifs ne se demandaient plus dans quel pays ils pourraient s’exiler – de toute façon, toutes les frontières étaient fermées, il n’y avait nulle part où aller.

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AJC soutient les initiatives internationales pour combattre le COVID-19 et venir en aide aux victimes.

1er avril 2020 – New York – L’American Jewish Committee (AJC) fait un don de 150 000 dollars pour soutenir les initiatives d’aide aux victimes du COVID-19 et les équipes médicales.

“Alors que la pandémie se propage, mettant à rude épreuve de précieuses ressources médicales, il est impératif d’aider ceux qui sont en première ligne, tant au niveau des soins que de la recherche” a témoigné David Harris, CEO d’AJC. Il a ajouté à cela “En cette période de crise sanitaire internationale, il est absolument essentiel de sauver des vies. Chacun d’entre nous doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à l’effort international. J’aurais souhaité que nous puissions aider encore davantage.”

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Appel à l’action d’AJC contre le coronavirus

Le virus nous rappelle notre interconnectivité, notre interdépendance et nos vulnérabilités communes. Il ne respecte aucune frontière. Il ne s’incline ni devant la puissance militaire, ni devant les préceptes religieux, ni devant les décisions gouvernementales. Il est indifférent à l’ethnicité, la nationalité, la foi, le sexe et l’orientation politique, mais, hélas, ne l’est pas à l’âge.

Alors que le coronavirus fait son chemin dans nos communautés, mettant à rude épreuve les systèmes de santé et transformant la vie quotidienne de millions de personnes, nous pleurons ceux qui ont succombé à la maladie et exprimons notre solidarité aux familles touchées, et appelons également les gouvernements à affirmer les principes fondamentaux suivants :

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