Les dirigeants américains se sont exprimés lors d’une cérémonie en hommage aux victimes françaises des attentats terroristes

12 janvier 2015 – New York – L’ambassadrice des États-Unis aux Nations unies Samantha Power, l’ambassadeur français aux Nations unies François Delattre et le consul général de France à New York Bertrand Lortholary se sont rassemblés devant une foule de plus de 150 personnes dans les bureaux de AJC pour rendre hommage aux 17 victimes des récentes attaques terroristes à Paris.

L’événement, animé par le président de AJC Paris, René-Pierre Azria, a également accueilli les diplomates de 10 autres pays que sont l’Argentine, la Bulgarie, l’Allemagne, la Hongrie, Israël, la Lituanie, les Philippines, la Pologne, la Slovaquie et le Royaume-Uni. Plusieurs dirigeants religieux de l’Église catholique ainsi que de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, ont également assisté le service.

Samantha Power qui prenait la parole au nom de l’administration d’Obama, s’est exprimée ainsi à l’assemblée : «L’antisémitisme n’est pas seulement une menace pour le peuple juif. L’antisémitisme est une menace pour tout ce que l’Europe représente. Les organisations juives et le peuple juif ne doivent pas avoir à combattre seuls ce fléau.»

L’ambassadeur Delattre a appuyé son discours en soulignant son amitié de longue date avec la communauté juive et en insistant sur le fait que «la lutte contre l’antisémitisme constitue une menace pour nous tous. »

Enfin, le consul général a tout simplement ajouté «les Juifs à Paris ont été assassinés simplement parce qu’ils étaient juifs.»

«Nous devons être lucides et avertis concernant les défis que nous aurons à relever. Nous ne pouvons pas lutter contre les menaces transnationales à la seule échelle nationale. Nous devons les combattre ensemble. Les enjeux ne pourraient être plus importants» a déclaré David Harris, le Directeur exécutif de AJC. «Il est grand temps que nous, en tant que sociétés démocratiques, nous levions résolument face à la menace que représentent ceux qui invoquent haut et fort leur foi et la doctrine islamique pour justifier leurs actes odieux.»

Le rabbin Noam Marans, directeur des relations interreligieuses au sein de AJC, a convié le public à réciter avec lui un psaume ainsi que la prière de deuil traditionnelle juive.

La directrice de AJC Paris, Simone Rodan Benzaquen, qui est récemment intervenue sur CNN, Fox, BBC et de nombreux autres médias internationaux, était également présente, par le biais de la vidéo en direct. Elle a ainsi déclaré : «le président François Hollande est déterminé à affronter le problème de l’antisémitisme. Nous espérons transformer ce terrible événement en quelque chose de positif».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hôtel Europe de BHL : une pièce qui en dit long sur les maux de l’Europe

BHL2Hier soir, les amis d’AJC Paris ont eu l’opportunité d’assister à la représentation de la pièce Hôtel Europe de Bernard-Henri Lévy avec Jacques Weber, au Théâtre de l’Atelier.

Un moment de théâtre et d’histoire extrêmement rare, suite auquel l’auteur et l’interprète nous ont fait l’honneur de répondre à nos questions et interrogations. Nous avons alors entamé une conversation qui aurait pu durer toute la nuit…

Le constat de Bernard Henri Lévy est sans appel. L’Europe, celle rêvée par ses initiateurs, est moribonde. De l’incapacité de l’Europe de défendre ses valeurs, aux populismes et aux extrémismes qui traversent ce continent, un changement radical et qualitatif issu de l’intérieur de l’Europe est impératif. L’alternative signifierait le déclin.

Jacques Weber, avec les mots de BHL, nous fait exploser les sens, les évidences, les excès, les élucubrations, les hystéries des diverses tentatives européennes. Il nous fait toucher la réalité crue des failles d’un système usé, avant d’être mis en chantier, et celle des dangers qui cognent à nos portes.

BHL1Bernard-Henri Lévy laisse rarement indifférent. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, ce plaidoyer très engagé soulève des questions fondamentales concernant la situation actuelle, et donne bien des clés de compréhension. Comme toujours, la philosophie est son instrument de combat. A travers cette pièce, il le met service d’une cause qui lui est particulièrement chère: l’avenir de l’Europe.

Après la représentation, il a offert son point de vue sur l’actualité, et s’est ainsi exprimé au sujet du sursaut d’antisémitisme récent:

« La comparaison entre les événements qui ont eu lieu ici dernièrement et la période des années 30 en Allemagne est souvent établie. Selon moi, elle n’a pas lieu d’être, pour deux raisons évidentes: Les Juifs ne se laisseront plus faire, car ils sont plus souverains, plus forts qu’il ne l’étaient alors. Mais surtout, les institutions de la République tiennent bon. Manuel Valls l’a prouvé en parvenant à faire interdire le spectacle de Dieudonné. »

« Il faut faire confiance à l’Etat. Il ne faut pas partir, ou du moins, pas par peur. »

« Le problème de l’antisémitisme est celui des antisémites, pas le notre. Cela ne devrait pas nous atteindre. »

C’est finalement sur une note optimiste que BHL a conclu la séance, rappelant au public que la pièce se jouerait encore le mois prochain. Et cette précision était essentielle, car elle intervient après la propagation d’une fausse rumeur dans presque tous les médias et sur les réseaux sociaux, selon laquelle la pièce s’arrêterait brutalement, faute de spectateurs.

Eh bien non, la pièce Hôtel Europe n’est pas annulée, n’en déplaise à ses détracteurs. Et vous avez jusqu’au 16 novembre pour vous en assurer.