Assassinat brutal des diplomates américains

AJC est indigné par l’assassinat brutal des représentants diplomatiques américains en Libye

12 septembre 2012 – New York – AJC est profondément attristé et scandalisé par l’assassinat insensé de l’Ambassadeur Chris Stevens et trois autres diplomates américains au consulat américain à Benghazi, en Libye.

«Nous adressons nos sincères condoléances aux familles des diplomates américains assassinés et à leurs collègues du département d’Etat », a déclaré le Directeur exécutif de l’AJC, David Harris. « Quelle que soit la provocation par l’exercice de la liberté d’expression aux États-Unis, rien ne peut justifier cette attaque haineuse à l’encontre du personnel de l’ambassade des États-Unis qui cherchait à aider à la construction d’une nouvelle ère en Libye, celle de l’après Kadhafi. »

L’attaque à la roquette qui a tuée quatre américains est survenue au cours d’une manifestation condamnant une vidéo circulant sur internet. Cette dernière aurait été produite aux États-Unis et a été considérée comme un blasphème par une partie des musulmans. Hier au Caire, 2.000 personnes se sont rassemblées devant l’ambassade américaine. Des manifestants ont escaladé les murs, enlevé et brûlé le drapeau américain pour le remplacer par un drapeau d’Al-Qaïda. Aucun Américain n’a été blessé en Egypte.

« Nous espérons que les nouveaux gouvernements en Egypte, en Libye et dans d’autres pays arabes feront tout leur possible pour protéger les diplomates américains et représentants d’autres pays, et surtout qu’ils traduiront en justice les responsables de la tragédie libyenne d’aujourd’hui. »

Chers Présidents Chavez, Premier Ministre Erdogan, Président Morales et Président Ortega.

Vous avez de nombreux points communs.

Pour commencer, vous êtes les dirigeants de vos pays respectifs : le Venezuela, la Turquie, la Bolivie et le Nicaragua.

Ensuite, vous avez tous parlé de l’importance de la justice, dans de nombreux discours.

Président Chavez, vous avez parlé de votre volonté d’aboutir à un Etat social, démocratique et juste.

Monsieur le Premier ministre Erdogan, vous avez dit que la paix, la justice, la fraternité et la solidarité sont les intérêts les plus importants pour tous les pays.

Président Morales, vous soulignez que vous recherchez l’égalité et la justice.

Président Ortega, vous vous décrivez comme un combattant pour un monde juste et libre.

Troisièmement, chacun d’entre vous a reçu le Prix Muammar Kadhafi pour les Droits de l’Homme.

Selon le site Internet, ce prix a été créé en 1988 pour honorer ceux qui ont réalisé de grandes actions pour la défense des Droits de l’Homme, la protection de la liberté et le soutient de la paix partout dans le monde.

Président Chavez, vous étiez à Tripoli en 2004 pour recevoir ce prix. Par la suite, vous avez accueilli Kadhafi à Caracas, l’avez comparé à Simon Bolivar et lui avez offert la plus haute décoration vénézuélienne. A l’époque, vous avez déclaré : « Nous partageons le même destin, le même combat contre un ennemi commun et nous vaincrons. »

Premier Ministre Erdogan, vous étiez à Tripoli l’an dernier pour la remise du prix, lors de laquelle vous avez affirmé : « Vous pouvez être sûr que ce prix encouragera notre lutte pour les Droits de l’Homme à l’échelle régionale et mondiale. »

Président Morales, vous vous êtes également fièrement rendu à Tripoli en 2000 pour recevoir ce prix.

Président Ortega c’était votre tour en 2009, et vous n’avez pas hésité à l’accepter.

Enfin, et ce malgré votre engagement déclaré en faveur de la justice, les positions que vous avez prises ces derniers jours, depuis que Kadhafi a déclenché son processus de puissance meurtrière envers ceux qui protestent contre son règne autoritaire qui dure depuis 41 ans, ne pouvaient être plus frappantes.

Certes, la bonne chose à faire en ce moment serait d’abord et avant tout, renoncer au prix Kadhafi, sans parler de la somme de 250 000 $ qui est remise en récompense du prix. Pourquoi ne pas donner ces fonds, non pas pour le compte personnel de Kadhafi, mais pour les victimes de sa brutalité ?

Pourquoi une personne qui prétend se battre pour la justice accepte d’être associée à un meurtrier de masse ? De quelle cruauté est cette plaisanterie qui consiste à associer Kadhafi et droits humains et de créer un prix qui lie les deux ?

Pourtant, non seulement n’avez-vous pas renoncé à ce prix, mais vous avez fait bien pire.

Président Chavez, vous et votre ministre des Affaires étrangères avez déclaré le 25 février, alors que des centaines de personnes, si ce n’est plus, ont été tuées par des mercenaires, tentant de fuir le bain de sang qui se répand à travers les villes libyennes : « Vive la Lybie et vive Kadhafi ».

Premier ministre Erdogan, où est votre indignation et votre fureur face à ce qui se passe sous les yeux du monde entier ? Est-ce seulement lorsqu’Israël est impliquée dans une affaires que vous exprimez votre colère ?

Président Morales, le silence de La Paz est assourdissant. Pourquoi ? Où est votre voix qui soutient la justice que vous déclarez être ce qui vous guide dans vos décisions ?

Et Président Ortega, il ne fait aucun doute que Kadhafi a apprécié votre appel téléphonique d’il y a quelques jours, lors duquel vous avez exprimé votre solidarité en soulignant , selon vos propres mots, que le monde endure une période difficile au cours de laquelle la loyauté est mise à l’épreuve.

En fait, c’est dans ces moments-là que les dirigeants se révèlent.

Vous avez accepté un prix nommé ridiculement à partir d’un misérable assassin. En l’acceptant, vous conférez une légitimité aux règles de Kadhafi. Après tout, il n’a pas fallu attendre 2011 pour comprendre la vraie nature de Kadhafi et la nature impitoyable de son régime.

Lorsque vous avez eu l’opportunité ce mois-ci de montrer au monde que vous avez appris vos leçons, même en renonçant tardivement au prix, vous n’avez pas réagi, alors même que des rapports ont décrit le bain de sang dont Kadhafi et ses sbires sont responsables. Ce prix veut-il vraiment dire beaucoup pour vous, est-il une source de gratification et d’inspiration ?

Et étant donné la possibilité de condamner le déni de justice, la répression des Droits de l’Homme et la négation de la fraternité dans la Libye de Kadhafi, vous n’avez pas jugé utile de la faire vous-mêmes. Voilà là les nobles valeurs que vous prêchez.

Quelle tragédie ! Quelle tristesse ! Et oui, comment le dire !

par David Harris, directeur exécutif d’AJC