« La République des invisibles » par Amine El Khatmi

Caissières, agents de la voirie, chauffeurs routiers, livreurs, aides-soignants, brancardiers, manutentionnaires… La crise que nous traversons depuis quelques mois met en lumière de façon spectaculaire toute une série de professions qui peinaient à obtenir la juste reconnaissance que nous leur devons collectivement.

Ces salariés du « back-office », pour reprendre l’expression notamment popularisée par le philosophe et spécialiste des relations sociales Denis Maillard, se sont d’autant plus imposés à nous qu’ils se sont trouvés liés par une caractéristique commune les différenciant de millions d’autres salariés : le télétravail leur était impossible.

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« Penser contre la haine » par David Gakunzi

Nos édifices sont debout. Et pourtant le tremblement planétaire a bien eu lieu. Notre monde a été retourné. Chamboulé. Confinement général. L’attente comme unique horizon. L’immobilité comme seul mouvement. Eruption au grand jour, sous la menace d’une petite chose invisible à l’œil nu, d’un temps figé. Que ressortira de ce séisme sanitaire introduisant, sans préavis, une profonde rupture dans  notre quotidien mondial? Notre part de lumière ou notre part de laideur ?

La vérité est qu’à ce stade nous ne savons pas grand-chose de ce qui adviendra. Nous ne pouvons que tendre l’oreille et écouter ce qui se dit ;  observer le langage courant. Car au-delà de sa fonction de nomination des choses existantes, le langage disant ce qui est, annonce aussi parfois ce qui adviendra. Il arrive que ce qui est dit dans le présent fasse signe des vestiges du futur.

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« Le retour des médias de confiance » par David Medioni

Alors que le monde « d’après » ou le monde « d’avec » le Covid-19 démarre à peine, j’ai envie d’imaginer Arthur Miller, le célèbre dramaturge américain, heureux. Pourquoi donc ? Simplement, parce que dans cette période si particulière que nous venons de traverser, le souhait qu’il formulait à propos de la presse et du journalisme, en 1961, dans un entretien accordé au London Observer, s’est exaucé. Ce jour-là, Arthur Miller déclarait: « Un bon journal, c’est une nation qui se parle à elle-même ».

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« Tout change, rien ne change » par Émilie Frèche

Après la sidération, l’angoisse, le nombre de morts, les inconnus à dix chiffres, la fin de l’école, les trente-six repas par jour à la maison, la fermeture des cinémas, des piscines, des jardins, des restaurants et la suspension de nos projets pour une durée illimitée, il m’est apparu que le Covid-19 pourrait avoir au moins un avantage: éradiquer l’antisémitisme. Ce sale virus n’avait pas réussi là où nous avions tous échoué, faire comprendre aux plus haineux qu’au bout du compte, nous sommes tous égaux face à la mort, (il ne faut quand même pas rêver), mais il était parvenu au petit exploit de reléguer notre part juive au dernier rang de nos identités multiples. Et ô, magie, cela valait pour l’ensemble des minorités. En effet, tout à coup, nous n’étions plus d’abord juif, musulman, catholique, Noir, homosexuel ou que sais-je encore, mais seulement vieux ou jeune, fragile ou bien portant. La pandémie avait renversé la table. En un temps record, elle avait instauré d’autres clivages, de nouveaux rapports de force. La montée du communautarisme que nous dénoncions depuis vingt ans s’était désagrégée, il n’y avait plus ni concurrence victimaire, ni concurrence des mémoires, et ce bel universalisme que nous avions tant appelé de nos vœux à coups d’articles, de colloques et de rencontres en ZEP allait enfin pouvoir triompher – le bonheur! Résultat, comme il n’y avait plus d’accidents de voiture, il n’y avait plus d’agressions racistes et antisémites; plus de sondages alarmants; plus de journaux titrant sur « Le nouvel antisémitisme » ou « La peur des Juifs de France. » Enfin, on nous foutait la paix. Et dans les repas de famille confinés, pour la première fois depuis des siècles, les Juifs ne se demandaient plus dans quel pays ils pourraient s’exiler – de toute façon, toutes les frontières étaient fermées, il n’y avait nulle part où aller.

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« Les enfants de Mathusalem » par Jérôme Guedj

Et soudain le monde entier (re)découvrit les vieux à l’aune d’une crise sanitaire sans précédent et un virus particulièrement âgiste : ses victimes sont très majoritairement les personnes âgées, et particulièrement les plus fragiles (90 % des décès concernent les plus de 65 ans, et la moitié des quelque 28 000 morts en France à l’heure où j’écris ces lignes sont des résidents d’Ehpad). Dans la communauté juive, les embrassades et effusions des festivités de Pourim ont fait des ravages parmi les anciens (mes pensées vont à cet instant à la mémoire de mon ami Joseph Zerbib de Massy). La Covid nous oblige donc à regarder ce que nous interdit bien souvent notre déni intime du vieillissement, que prolonge un déni collectif : un sujet trop rarement dans le débat public, hors situation de grande émotion, comme après la canicule de 2003 et ses 19 000 morts, déjà essentiellement des âgés, en moins de trois semaines. Les vieux sont pourtant là, et partout. Car nous sommes tous des vieux en devenir. Car les générations de babyboomers arrivent aux âges avancés. Car la révolution de la longévité, celle dont Claude Levi-Strauss disait à la fin de sa vie qu’elle constituait un phénomène anthropologique aussi important que la sédentarisation au néolithique, s’opère sous nos yeux sans qu’on en tire les nécessaires conséquences.

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« Soigner avec les yeux » par Delphine Horvilleur

Depuis des semaines, je relis le même épisode du Talmud. La légende est célèbre : c’est celle d’un homme qui vivait au deuxième siècle de notre ère en Galilée et avait pour nom Rabbi Shimon Bar-Yoh’ai. Accusé par les autorités romaines de trahison et menacé de mort, il se réfugia dans une grotte et y vécut avec son fils, douze années entières, sans aucun contact avec le monde extérieur. Immergés tous deux dans la Torah, de jour comme de nuit, ils sont le modèle talmudique du plus grand confinement.

Le texte affirme qu’après douze ans d’enfermement, tous deux se « déconfinèrent », pleins de sagesse et d’espoir. Mais au dehors, en constatant que le monde vaquait à ses occupations profanes et délaissait l’étude, tous deux furent pris de colère. Et celle-ci enflamma littéralement leur regard, devenu incandescent. Partout où leurs yeux se posaient, le monde prenait feu.

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L’American Jewish Committee inaugure des bureaux dans les villes jumelles de Minneapolis-St. Paul et à Louisville, en mémoire de George Floyd et Breonna Taylor

19 juin 2020 – Réaffirmant son engagement de longue date dans la lutte pour la justice raciale, le pluralisme et la cohésion sociale, l’American Jewish Committee (AJC) a annoncé hier l’ouverture de nouveaux bureaux régionaux à Minneapolis-St. Paul, dans le Minnesota, et à Louisville, dans le Kentucky.

« Nous partageons la promesse d’une Amérique pour tous », a déclaré le directeur exécutif de l’AJC, David Harris. « Nous pouvons aider à redonner le souffle de l’Amérique, même si nous ne pouvons pas aider à redonner le souffle de George Floyd. »

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L’AJC se félicite de l’adoption de l’accord aérien UE – Israël

Bruxelles – 18 juin 2020 – L’AJC Transatlantic Institute se félicite de l’adoption par le Parlement européen de l’accord euro-méditerranéen sur l’aviation entre l’UE et Israël avec 437 votes pour, 147 abstentions et 102 votes contre.

« Cet accord sur les transports aériens entre l’UE et Israël profite aux consommateurs, donne du pouvoir aux entreprises créatrices d’emplois et aligne les normes environnementales. C’est un bon jour pour les relations UE-Israël », a déclaré Daniel Schwammenthal, directeur du bureau européen de l’AJC Transatlantic Institute.

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« De ma fenêtre… » par Gilles Clavreul

Pangloss disait quelquefois à Candide : Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de mademoiselle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.

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Déclaration de l’AJC sur le meurtre de George Floyd et la quête de justice raciale aux Etats-Unis

2 juin 2020 — New York — L’AJC est en deuil suite à la mort tragique de George Floyd, assassiné le 25 mai sous les genoux d’un officier de police de Minneapolis, alors que trois autres officiers ont regardé et sont restés sur place — voire ont encouragé — cet effroyable acte meurtrier. Il est la dernière victime d’un fléau chronique et insidieux.

Nous condamnons les actes injustifiés de vandalisme et de violence perpétrés par une minorité de personnes présente parmi les manifestants dans les rues américaines. Ces actes déshonorent la mémoire de George Floyd, dont la mort en détention policière a mené un pays assailli par la contagion et la misère économique à une nouvelle rencontre avec son histoire d’injustice raciale. Ceux qui perturbent et subvertissent les manifestations pacifiques font reculer, et non progresser, la cause de la justice raciale.

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AJC se félicite de la condamnation par le Parlement européen de l’incitation à la haine dans les manuels scolaires palestiniens 

Bruxelles, 14 mai 2020 – AJC Transatlantic Institute salue la condamnation par le Parlement européen de l’inaction de l’Autorité palestinienne au sujet de l’incitation à la haine dans les manuels scolaires, tout en insistant pour que les éducateurs recevant des fonds de l’UE respectent les normes de l’UNESCO contre la haine, et demandent à l’organe exécutif de l’UE de s’assurer que les fonds favorisent la paix et la tolérance dans les écoles.

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AJC salue l’interdiction par l’Allemagne de toutes les activités du Hezbollah

30 avril 2020 – New York – L’American Jewish Committee (AJC) salue la décision prise aujourd’hui par l’Allemagne d’interdire les activités du Hezbollah sur son territoire, déterminant l’implication pour terrorisme de l’organisation dans son ensemble.

Le gouvernement bannira ainsi toutes ses activités, l’affichage public de ses symboles et confisquera les biens du Hezbollah en Allemagne.

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