AJC salue la déclaration conjointe des Ministres français, allemand, italien suite à la vague d’antisémitisme qui sévit en Europe.

10451161_10153060967094408_3901956439602031120_n22 juillet 2014 – New York – AJC a salué la puissante déclaration faite aujourd’hui par les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et de l’Italie suite à la vague d’antisémitisme qui sévit en Europe.

 «  Dans une période où des « Mort aux Juifs » peuvent être entendus lors de rassemblements publics, prétendument contre Israël, dans les capitales européennes, les propos sans ambiguïté des trois ministres des Affaires étrangères sont un message fort qui doit être relayé par tous les Etats membres de l’UE », a déclaré David Harris, Directeur exécutif d’AJC. « Désormais, le défi sera de traduire les mots par des actions concrètes. Les menaces contre les Juifs sont une menace pour les valeurs fondamentales de l’Europe et son avenir. »

« La haine et la violence antisémite, tout comme les attaques contre les personnes de confession  juive et les synagogues n’ont pas leur place dans notre société. », ont déclaré Laurent Fabius, Ministre de la France, Frank-Walter Steinmeier, de l’Allemagne, et Frederica Mogherini de l’Italie.

Les trois ministres des Affaires étrangères ont dénoncé « avec la plus grande force les propos antisémites et les violences survenus lors des manifestations de ces derniers jours » et ont souligné que « rien, y compris la confrontation militaire dramatique à Gaza, ne justifie de telles actions chez nous en Europe. »

Conscients que l’antisémitisme ne menace pas seulement les Juifs, mais l’essence même des sociétés européennes, les ministres se sont engagés à utiliser « tous les moyens légaux contre les actes et les déclarations qui pourraient être considérés comme des actes d’antisémitisme, de racisme et de xénophobie. »

« Nous agirons en commun dans nos pays respectifs afin de faire tout notre possible pour que  tous nos concitoyens puissent vivre de nouveau en toute tranquillité, loin des violences antisémites, dans le calme et la sécurité. »

Les bureaux d’AJC à Bruxelles, Berlin, Paris et Rome sont en contact régulier avec des hauts-fonctionnaires français, italiens et allemands concernant la montée de l’antisémitisme dans plusieurs pays européens.

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AJC exhorte les ministres de l’UE de se rassembler autour d’une réunion spéciale sur l’antisémitisme

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22 juillet 2014 – Bruxelles – AJC exhorte l’Union européenne de convoquer une réunion extraordinaire en présence des différents ministres de la Justice et de l’Intérieur pour faire face aux vagues de violence contre les Juifs à travers l’Europe.

« De Berlin à Paris, de Londres à Bruxelles, nous avons à nouveau entendu les cris à glacer le sang de « Mort aux Juifs » , a déclaré David Harris, Directeur executif d’AJC, qui a notamment été cité par dix pays européens pour son travail en faveur des Droits de l’Homme. « Les ministres responsables de la sécurité et de la lutte contre l’antisémitisme doivent apporter une réponse de toute urgence pour faire face à cette haine toxique qui menace non seulement les Juifs, mais les sociétés mêmes qui composent l’Union européenne. »

De plus, Harris exhorte les 28 ministres des Affaires étrangères de l’UE, qui se réuniront aujourd’hui à Bruxelles, de condamner « sans équivoque et unanimement » la chasse aux juifs dans les rues de l’Europe.

La plupart des manifestations de haine antisémite ont eu lieu lors de rassemblements pro-palestiniens. « Les juifs sont agressés en plein jour, les lieux de culte juifs ainsi que les commerces tenus par des juifs sont incendiés par « solidarité » avec la bande de Gaza », a déclaré Harris. « Il est temps que tous les gouvernements européens s’expriment d’une seule et même voix, comme l’a fait le Premier Ministre français, Manuel Valls. » En effet, s’exprimant lors d’une cérémonie à la mémoire des victimes de la rafle du Vel’ d’ Hiv’, Valls a condamné les récentes violences antisémites qui ont eu lieu lors de manifestations en France contre Israël.

« L’antisémitisme traditionnel, cette vieille maladie de l’Europe », a déclaré Valls, « est rejoint par un antisémitisme d’une forme nouvelle », qui « se répand sur internet, sur les réseaux, dans nos quartiers populaires, auprès d’une jeunesse souvent sans repère, sans conscience de l’histoire, qui cache sa haine du juif derrière un antisionisme de façade et derrière la haine de l’Etat d’Israël »

Harris a souligné que la récente vague d’attaques contre les juifs n’est pas un phénomène isolé. Au contraire, ces violences s’inscrivent dans la lignée de l’horrible attentats à Toulouse, qui ont fait quatre morts juifs et trois soldats français en 2012 ainsi que de l’assassinat en mai dernier de quatre personnes au musée juif à Bruxelles par un djihadiste d’origine française. Ces nouvelles attaques sont la preuve supplémentaire de l’augmentation constante des incidents antisémites dans un certain nombre de pays européens au cours de ces dernières années.

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AJC France dénonce les nouvelles violences antisémites survenues hier à Sarcelles

1026373_sarcelles-cest-tout-simplement-de-lantisemitisme-du-racisme-juge-valls-web-tete-0203654850658_660x352p21 juillet 2014 – Paris – AJC France dénonce les violences antisémites survenues hier à Sarcelles en marge d’une manifestation pro-palestinienne, pourtant interdite par la préfecture de police.

En effet alors que le Premier Ministre, Manuel Valls dénonçait franchement les violences antisémites survenues à Paris la semaine dernière à l’occasion du triste anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv’, la synagogue de Sarcelles fut la cible d’objets incendiaires auxquels se sont ajoutés voitures incendiées, mobilier urbain saccagé et insultes antisémites. Les forces de l’ordre qui ont été obligées d’intervenir ont également été la cible de jets de projectiles.

Le Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve s’est rendu sur place ce matin pour y dénoncer des « actes graves, intolérables » et des « violences antisémites ». « Quand on s’approche d’une synagogue, qu’on brûle une épicerie parce qu’elle est tenue par un Juif, on commet un acte antisémite. Les choses doivent être qualifiées », a-t-il déploré « Ce n’est pas l’interdiction de la manifestation qui fait la violence, c’est la violence qui fait l’interdiction de la manifestation », a-t-il souligné devant la synagogue de Sarcelles, répétant "assumer" son choix de l’interdire.

« Je suis très choquée par ce qu’il s’est produit encore à Sarcelles hier. Nous sommes les témoins d’une haine des juifs qui n’a pas grand chose à voir avec la cause palestinienne » a déclaré Simone Rodan-Benzaquen, Directrice AJC France. « Il n’y a pas de hasard, ceux qui s’attaquent aux juifs s’attaquent également aux forces de l’ordre et aux biens publics. Ils expriment leur profonde haine contre les valeurs qui nous unissent. »

AJC France a bien entendu les messages du Gouvernement et lui exprime sa totale confiance pour combattre vigoureusement ce climat irrespirable où plus que jamais tolérance zéro et un vrai plan pour la prévention et la lutte contre  l’antisémitisme doivent être mis en place.

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AJC est outré par les propos du Premier Ministre turc

Unknown copie21 juillet 2014 – New York – AJC a exprimé son indignation face aux propos incendiaires du Premier ministre turc Erdogan, dont les agressions verbales à l’encontre d’Israël ont accompagné les manifestations violentes contre les avant-postes diplomatiques israéliens et créé un environnement permissif pour les attaques contre les Juifs.

Ces derniers jours, des foules ont attaqué l’ambassade d’Israël et la résidence de l’ambassadeur à Ankara ainsi que le consulat à Istanbul, incitant Israël à rapatrier le personnel diplomatique et à officiellement protester contre l’incapacité du gouvernement à honorer son obligation visant à protéger les missions étrangères. Le chef du groupe extrémiste islamiste IHH, qui a bénéficié de l’appui de M. Erdogan pour son activisme pro-Hamas, a publiquement appelé à des attaques contre la communauté juive du pays.

 «  Par sa lâcheté et ses propos infondés faisant l’analogie entre la Shoah et la défense d’Israël contre les attaques terroriste du Hamas ainsi que ces accusations incessantes et outrageusement fausses des intentions de génocide d’Israël envers les Palestiniens, le Premier ministre Erdogan a créé un climat qui permet non seulement le rétablissement des relations israélo-turques impensable à court terme », a déclaré David Harris, Directeur exécutif d’AJC « mais aussi menace la sécurité d’une communauté juive qui a prospéré en Turquie à majorité musulmane depuis plus de 500 ans. »

En réponse à l’appel de l’IHH de la semaine dernière de mener des attaques de représailles contre les Juifs, Erdogan, le 19 Juillet s’est exprimé de la manière suivante : « Je ne trouve pas approprié toute attitude contre les citoyens juifs de Turquie. » Cependant dans le même communiqué, le Premier ministre a fustigé « l’administration israélienne cruelle qui crée la terreur »  et a observé que « ceux qui damnent jour et nuit Hitler l’ont dépassé dans la barbarie. »

 « L’ignorance inconcevable du Premier ministre Erdogan sur l’Holocauste ne peut pas passer inaperçu », a déclaré Harris. « Mettre sur un pied d’égalité la tentative d’annihilation de l’ensemble du peuple juif qui a coûté la vie de 6 millions de Juifs avec des millions d’autres victimes et les efforts d’Israël à défendre ses citoyens contre les lancements de roquettes meurtrières d’un territoire contrôlé par une organisation terroriste est aussi désagréable qu’offensant. Cette rhétorique toxique du premier ministre – répétée au service de sa campagne pour le président – ne rend pas service à la vérité ainsi qu’aux traditions et à l’avenir de la République de Turquie. »

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AJC salue de nouveau les propos de Manuel Valls dénonçant l’antisémitisme qui sévit en France.

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20 juillet 2014 – Paris – AJC salue de nouveau les propos de Manuel Valls sur l’antisémitisme et sa dénonciation franche du violent rassemblement pro-palestinien à Paris qui s’est tenu au mépris d’une interdiction gouvernementale.

Prenant la parole à l’occasion du triste anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv’ où des milliers de juifs furent déportés en 1942 vers le camp d’extermination d’Auschwitz, le Premier ministre a déclaré que « les débordements inacceptables »  lors des précédentes manifestations pro-palestinienne, justifiaient la décision responsable du gouvernement de vouloir stopper de tels rassemblements. Cette décision a été prise à la suite des évènements survenus la semaine dernière en France ou plusieurs synagogues ont été prises d’assauts.

Le Premier Ministre a déclaré : « La lutte contre l’antisémitisme n’est pas le problème des juifs, c’est le problème de la République, de toute la France….C’est une cause nationale. » Dans une période où la montée de l’antisémitisme pousse de nombreux juifs à envisager de quitter la France, le Premier ministre leur a demandé « d’avoir confiance en leur pays. »

Simone Rodan-Benzaquen, Directrice AJC France, a déclaré: « Le Premier ministre Valls est tout à fait conscient que ce dont nous sommes témoins aujourd’hui dans les rue de Paris n’est pas simplement l’importation du conflit israélo-palestinien mais l’exploitation de la situation à Gaza par un petit groupe de personnes qui haïssent les juifs et en profite pour déverser publiquement leur parole antisémite ».

« Quelles ironie » a t-elle ajouté « que lors de l’anniversaire de la déportation des Juifs de la France de Vichy dans les camps de la mort nazis, le Premier Ministre français ait besoin de parler non seulement du passé tragique, mais aussi du dangereux présent. »

«  Son discours sans équivoque » a t-elle conclu « nous donne la garantie que les autorités françaises continueront à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour lutter contre cette sinistre menace qui sévit en France conte sa communauté juive, la plus grande en Europe. »

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AJC salue la poursuite limitée dans le temps des négociations entre le P5+1 et l’Iran sur son programme nucléaire.

1852131_3_eac6_la-centrale-d-arak-en-iran-en-janvier-2011_100c1bbae8a3041e419f38f9b3cd0e65New York – 19 Juillet – AJC salue la poursuite limitée dans le temps des négociations entre le P5+1 et l’Iran sur son programme nucléaire annoncé plus tôt dans la journée à Vienne.

«  La poursuite du programme nucléaire militaire iranien comporte de sérieux risques pour la paix et la sécurité mondiale et doit être stoppé par tous les moyens efficaces », a déclaré David Harris, Directeur exécutif d’AJC. « Dans le contexte actuel avec des sanctions ciblées sur le plan financier, énergétiques et autres – ainsi que la possibilité, en dernier recours, de recourir à une action militaire pour empêcher le premier Etat sponsor du terrorisme d’acquérir l’arme nucléaire – la poursuite des négociations est logique »

« La meilleur option pour soulager le Moyen-Orient et le monde de la menace nucléaire iranienne est diplomatique. Même si nous avons toujours des doutes sur le fait que l’Iran renonce à ses ambitions nucléaires militaires, nous reconnaissons que le processus diplomatique initié par le P5+1 a eu des résultats, notamment des inspections plus détaillées du programme iranien et la dilution des stocks d’uranium hautement enrichi. Ainsi, cela vaut-il la peine de poursuive les discussions. »

Dans l’accord rendu public par le P5 +1 - les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Chine et la Russie – et l’Iran, les négociations de 6 mois qui devaient prendre fin le 20 Juillet 2014 se poursuivront pour quatre mois supplémentaires, soit jusqu’au 24 novembre. Le « plan d’action conjoint » initial conclu entre le P5+1 et l’Iran prévoyait une prolongation possible de six mois.

« Cette prolongation de quatre mois, et non de six mois, envoie Téhéran un message important : notre patience n’est pas infinie », a souligné M. Harris.

Selon de hauts fonctionnaires américains qu’AJC a rencontré hier à Washington, les sanctions existantes contre l’Iran resteraient en vigueur pendant toute la période de quatre mois. Parallèlement, en signe d’encouragement, les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient débloquer 2,8 milliards de dollars en avoirs iraniens gelés alors que plus de 100 milliards de dollars d’actifs de pétrole iranien ont déjà été gelés. Le plan d’action conjoint avait initialement prévu de libérer 4,2 milliards de $ de ces fonds en échange de l’accord de l’Iran sur les inspections, la dilution des stocks d’uranium enrichi ainsi que d’autres concessions.

« Il est essentiel que les sanctions contre l’Iran, adoptées par le Congrès, les gouvernements successifs, et nos partenaires internationaux, qui ont été la raison à ce que l’Iran vienne à la table de négociation pour discuter de son programme nucléaire illicite, restent bien en place », a conclu Harris. « L’espoir de l’Iran de trouver un moyen de contourner les sanctions, ou de coincer la communauté internationale sur la question ne doit pas réussir. »

« Tandis que les discussions se poursuivent, nous demandons instamment au gouvernement de tenir le Congrès pleinement informé. Nous, et tous ceux qui reconnaissent le danger posé par un Iran nucléarisé surveillerons cela de très près. »

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Être juive en France aujourd’hui.

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par Simone Rodan-Benzaquen, Directrice AJC France

« Wie Gott in Frankreich leben !  » Cette maxime, qui littéralement signifie « vivre comme Dieu en France», – était un dicton yiddisch répandu en Europe pendant longtemps chez les ashkénazes fascinés par ce pays. Il symbolisait le bien-être des juifs en France. C’est cette maxime – qui malgré les épisodes noirs de l’histoire pour les juifs français, a bercé mon enfance, et grâce à laquelle j’ai probablement décidé de m’installer à Paris.

Car ce choix pour la France n’a rien du hasard. J’ai grandi dans une Allemagne traumatisée, où la seule obsession était de se confronter avec son passé. « Plus jamais ça ! » était  les mots qui ont marqué toute une génération. J’ai donc tout naturellement été fascinée par la France, ce pays des Droits de l’Homme et des Lumières, ce pays ou les juifs vivaient heureux…comme Dieu en France, ce pays qui pouvait donner la  possibilité a chacun de devenir, d’une certaine manière, l’égale de sa Marianne. Le "Juif d’Etat" est un phénomène Français. Pour devenir Premier Ministre en Grande Bretagne, Disraeli était obligé de se convertir; Leon Blum, lui, était resté juif.

Arrivée en France j’étais fascinée par le fait que tant de juifs célèbres étaient représenté dans la société française, que leur judaisme était connue, mais qu’ils étaient surtout et avant tout des citoyens français.

Pourtant dès le début des années 2000, petit à petit je devais me rendre à l’évidence, que cette idée que je me faisais de la France avait changé, que pour une juive en France le « plus jamais ça » n’était plus une certitude.

Chaque année mes angoisses s’intensifiaient : « Puis-je exprimer mon judaïsme sans craindre pour ma sécurité et celle de mes enfants ? Puis-je montrer mon attachement pour Israël sans me sentir menacée? Est-ce que je suis une mère responsable d’élever mes enfants ici, dans ce pays ? »

Nourries par l’augmentation de la violence antisémite en France depuis 14 ans- 169 actes antisémites dans le premier trimestre de 2014 ont déjà été comptabilisées – ces craintes ont atteint leur paroxysme cette semaine.

En ce 12 et 13 juillet 2014, veille de fête nationale et du triste anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, nous avons été les témoins des dérives inacceptables contre les juifs et les lieux de cultes. Jets de cocktails Molotov sur la synagogue d’Aulnay sous Bois, assauts de deux synagogues dans les rues de Paris, des propos d’un homme politique (EELV) jugeant « pas étonnant que des synagogues subissent des attaques lorsqu’elles soutiennent la politique d’Israël » et foule scandant dans les rues « morts aux juifs » furent à l’ordre du jour.

Ces 12 et 13 juillet, au même titre que la manifestation du « jour de colère «  ou des paroles similaires avaient été scandées, que l’assassinat d’Ilan Halimi ou les attentats commis par Mohamed Merah ou ceux commis par le présumé terroriste Medhi Nemmouche en Belgique, ont été la synthèse de ce que les juifs vivent en France ces dernières années.

Alors pour certains, l’explication est toute trouvée et s’appelle : l’importation du conflit israélo-palestinien. Le raccourci est facile puisque ces actes abominables avaient cette fois-ci eu lieu en marge de manifestations pro-palestiniennes. Toutefois, cette notion que les actes anti-juifs sont uniquement déclenchés par le conflit israélo-arabe est trop simpliste.

Il n’est ici plus question de défendre une politique ou exprimer un attachement pour la cause palestinienne.  En effet, il n’ y a rien de pro-palestinien à vouloir attaquer du juif parce qu’il est juif. Aucune idéologie pro-palestinienne ne justifie en France cette soif de vouloir humilier, blesser et tuer les nôtres. Dès lors, ne soyons pas dupes, cette haine ne peut s’inscrire dans un soutien légitime au principe de l’autodétermination du peuple palestinien.

En France, la cause palestinienne est devenue un prétexte pour se défouler contre le juif et il ne fait aucun doute que le sort de ces « frères opprimés » n’importe nullement ceux qui scandent dans les rues  «  Hitler n’a pas fini le travail ! » tout en  brandissant les drapeaux du Hamas ou du Hezbollah.

Malheureusement c’est un problème plus profond où se mêlent haine du juif, islamisme radical et volonté de subvertir notre société.

La France est devenue le refuge de certains caïds qui ont une aversion profonde pour notre démocratie et le monde occidental. C’est pourquoi ce dont nous avons été les témoins ces derniers jours n’est pas que le problème de la communauté juive mais celui de tous les Français.

"Français de souche" ou d’adoption, nous avons plus que jamais le devoir moral de protéger les valeurs fondatrices qui nous rendent fiers d’être ce que nous sommes.Nous ne devons plus tolérer ces discours de haine dans la rue, ni exprimer une certaine clémence pour ces personnes qui se nourrissent dans le populisme et l’extrémisme. Il faut, à tout prix, lutter pour empêcher le délabrement de notre espace public. Les moindres fissures de notre société doivent être comblées et nous avons besoin d’une société intransigeante où il est désormais essentiel de combattre toute incivilité par son inverse, à commencer par la lutte contre l’antisémitisme et le racisme.

Tolérance zéro, oui ! Tout acte ou toute menace antisémite doit être condamné moralement et pénalement  sans équivoque. En revanche, cette tolérance zéro ne sera pleinement efficace que si l’on dresse un état des lieux précis des sources et des racines de l’antisémitisme pour trouver des réponses idoines. Malheureusement, une certaine bien-pensance a pendant trop longtemps empêché de dire cela : « l’antisémitisme en France a pris aujourd’hui de nouvelles formes et provient de différents segments de la société. Il est issu de l’extrême droite et même de la gauche radicale qui vise à diaboliser Israël, mais il est surtout et avant tout issu d’une minorité de français ou d’immigrés, souvent de confession musulmane qui haïssent les juifs.

Outre la nécessité d’apporter des réponses adaptées à ces différentes formes d’antisémitisme, il est aussi vital de retrouver un socle commun. Celui-ci ne doit cependant pas être uniforme, car il n’est pas question d’annihiler les différences de chacun ni de jeter l’opprobre à une autre communauté. Nous devons arrêter de vivre la différence de l’autre comme une menace pour notre propre identité et retrouver le sens d’un projet commun. L’amélioration de la cohésion sociale réduira également la sensibilité à l’antisémitisme.

Par ailleurs, plus doit être fait en matière d’éducation en combattant dès le début les préjugés tout en mettant l’accent sur les similitudes et les valeurs partagées de chaque religion, de chaque culture, de chaque histoire. Le dialogue inter-religieux et inter-cultuel est primordial. Il est important que la différence de l’autre soit vécue comme une richesse et non comme une injustice.

Puis, nous avons besoin de plus de leaders  qui disent la vérité, comme nous avons besoin aussi de la société civile pour en faire l’écho. Entrepreneurs, écrivains, sportifs, personnalités des médias, étudiants doivent être responsabilisés pour avoir ce courage moral. Comment ne pas être nostalgique de la manifestation du 15 mai 1990 qui fut le dernier grand moment de solidarité à l’égard de notre communauté où plus de 200 000 personnes s’étaient élevées contre l’antisémitisme ? Nous devons donc retrouver cette fraternité qui constitue l’un des piliers de la société française.

C’est dans notre intérêt, non de celui des juifs, mais de l’intérêt de la France que l’antisémitisme soit combattu. D’autres l’ont dit, je le répète: l’antisémitisme est toujours symptomatique d’un malaise plus profond dans la société, dont on sait qu’il se dirige aujourd’hui contre les Juifs, mais qu’il finira par s’étendre au reste de la société. C’est nos valeurs qui sont en jeu, c’est cette France que nous aimons tant qui est menacée. L’alternative se révèlerait funeste.

Source : Huffington Post – Cliquez ici

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