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À propos de la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien

À propos de la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien

4 raisons pour lesquelles la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien n’apportera pas la paix et 4 points qui y contribueront :

Au cours des derniers mois, des pays comme la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et, plus récemment, la Belgique, ont pris des mesures en vue de reconnaître l’État palestinien, alors même qu’Israël est toujours en guerre avec le Hamas après le massacre du 7 octobre qui a fait 1 200 morts et plus de 250 otages.

À première vue, cette reconnaissance peut sembler être un geste diplomatique audacieux visant à relancer la solution à deux États et à exercer une pression politique sur Israël. En réalité, elle risque de récompenser le terrorisme, d’aggraver l’instabilité et de retarder le travail difficile que nécessite une paix véritable.

Voici la réalité : quatre raisons pour lesquelles une reconnaissance prématurée ne fonctionnera pas, associées à quatre mesures qui peuvent réellement faire avancer la paix.

  1. Ne pas récompenser le Hamas en pleine guerre

Pourquoi c’est une erreur : le Hamas contrôle toujours la bande de Gaza, détient toujours 48 otages israéliens et refuse de cesser ses attaques. Reconnaître un État palestinien aujourd’hui envoie un message dangereux, à savoir que la violence de masse permet d’obtenir des gains politiques. Cela renforce les extrémistes au moment même où ils devraient perdre leur légitimité. Il ne s’agit pas seulement d’une menace pour Israël, mais pour presque tous les pays du Moyen-Orient.

À faire en priorité : Démanteler le pouvoir et l’influence du Hamas. Aucune paix ne peut durer tant que le Hamas contrôle Gaza, commet des crimes de guerre en retenant des otages et promet ouvertement de reproduire le 7 octobre « encore et encore ». Il est essentiel de supprimer ses capacités militaires et son leadership pour que les Palestiniens puissent construire un avenir libéré de la domination extrémiste.

Exemple concret : après que le Hamas a pris le contrôle de Gaza par la force aux dépens de l’Autorité palestinienne en 2007, les tirs de roquettes sur les villes israéliennes ont explosé, passant de quelques attaques sporadiques à des milliers par an. Toutes les tentatives visant à « contourner » le Hamas ont abouti au même résultat : le groupe profite des accalmies dans les combats pour se réarmer et se reconstruire. Après l’opération « Bordure protectrice » de 2014, le Hamas a fait passer clandestinement des roquettes iraniennes et a étendu son réseau de tunnels de combat. À la suite de l’opération «Gardien des murs » en 2021, tous les efforts de reconstruction, pour lesquels des milliards de dollars d’aide qatarienne et internationale, ont été versés dans la bande de Gaza, ont été détournés pour importer des armes, fabriquer des roquettes et fortifier des tunnels souterrains et des bunkers, tout cela afin de préparer le prochain massacre, qui a conduit aux atrocités du 7 octobre.

2. Ne pas ignorer les réalités sur le terrain

Pourquoi c’est une erreur : Les territoires palestiniens sont divisés. L’Autorité palestinienne gouverne certaines parties de la Cisjordanie, tandis que le Hamas dirige Gaza. L’AP a été violemment chassée de Gaza en 2007, et de multiples tentatives de réconciliation ont échoué. La reconnaissance d’un « État » sans gouvernance unifiée, sans institutions fonctionnelles, ni même d’appareil de sécurité commun, créerait dès le premier jour une entité fracturée et instable. Une reconnaissance prématurée supprimerait également le levier nécessaire à une réforme indispensable : L’Autorité palestinienne reste gangrenée par la corruption, verse des allocations à des terroristes condamnés (« pay-for-slay ») et tolère un discours officiel incitant à la violence, autant d’éléments qui sapent la confiance d’Israël et compromettent les perspectives de coexistence.

À faire à la place : soutenir une véritable réforme politique et institutionnelle palestinienne, accompagnée de garanties de sécurité applicables. Cela signifie éradiquer la corruption, mettre fin à la rémunération des terroristes, mettre un terme à l’incitation à la violence et créer des institutions transparentes et responsables, capables de gouverner pour la paix. Tout accord durable doit également répondre aux besoins légitimes d’Israël en matière de sécurité, en garantissant la démilitarisation, en empêchant les attaques à la roquette et en mettant fin aux incursions transfrontalières, afin que les deux peuples puissent vivre sans crainte.

Exemple concret : les tentatives de « gouvernement d’union nationale » menées par le Hamas et le Fatah en 2011 et 2017 ont échoué en quelques mois, car le Hamas a refusé de céder le contrôle de la sécurité. Résultat : deux gouvernements parallèles, aucune élection depuis 2006 et un vide politique exploité par le Hamas, le Jihad islamique palestinien et d’autres factions militantes. De même, le retrait israélien de Gaza en 2005, sans mesures de sécurité applicables, a permis la prise de pouvoir du Hamas et des années de tirs de roquettes — un exemple édifiant qui doit nous inciter à ne pas répéter les erreurs du passé.

3. Ne pas compromettre les accords israélo-palestiniens existants

Pourquoi c’est une erreur : les accords d’Oslo, signés en 1993 par les Israéliens et les Palestiniens, engageaient les deux parties à résoudre les questions relatives au statut final, y compris la création d’un État, par le biais de négociations directes. Contourner ce processus érode la confiance, sape le cadre qui a permis de réaliser des progrès dans le passé et indique que les accords peuvent tout simplement être ignorés.

À faire à la place : Revenir aux négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. Tous les accords de paix qui ont abouti dans la région, de la paix entre Israël et l’Égypte et la Jordanie aux accords d’Abraham, ont été conclus grâce à des pourparlers directs entre les parties. Seuls les Israéliens et les Palestiniens peuvent régler les questions relatives aux frontières, aux arrangements de sécurité et au statut final de manière acceptable pour les deux parties.

Exemple concret : Israël et l’Égypte n’ont signé leur accord de paix historique de 1979 qu’après une année de pourparlers directs intenses à Camp David. Il n’y a pas eu de raccourci, et aujourd’hui, cette paix reste intacte malgré des décennies de bouleversements régionaux. 

4. Ne pas privilégier le symbole au détriment du fond

Pourquoi c’est une erreur : Si la reconnaissance de l’État palestinien peut faire les gros titres, elle n’apportera pas une stabilité durable ni n’améliorera la vie quotidienne des Israéliens ou des Palestiniens, en particulier pendant une guerre active où le groupe terroriste Hamas contrôle toujours certaines parties de la bande de Gaza.

À faire à la place : Construire un large soutien régional et international pour un avenir meilleur dans les relations israélo-arabes. Les pays arabes et occidentaux devraient collaborer pour offrir des incitations politiques, économiques et sécuritaires qui encouragent le compromis. Le renforcement des accords de normalisation entre Israël et les États arabes peut fournir à la fois un modèle et une dynamique pour une paix négociée.

Exemple concret : les accords d’Abraham ont montré que la coopération régionale peut transformer les relations. En liant la normalisation à des avantages économiques et sécuritaires concrets, Israël et ses partenaires arabes ont créé des mesures incitatives durables, ce que la seule reconnaissance symbolique n’aurait jamais pu permettre.