AJC condamne l’attentat meurtrier contre des coptes en Egypte

26 mai 2017 – New York – AJC condamne l’attaque terroriste perpétrée contre un groupe de chrétiens coptes en Egypte ayant fait au moins 28 morts aujourd’hui sur une route au sud du Caire.

« Le ciblage barbare des coptes en Egypte est effrayant dans sa fréquence et son intensité. Les victimes de cette attaque sont à nouveau des innocents, de tous âges, qui effectuaient un voyage vers un lieu de culte sacré » a déclaré David Harris, directeur exécutif d’AJC. Lire la suite

AJC s’exprime au sujet de l’accord iranien

Capture d’écran 2015-08-05 à 19.38.43New York – Le 5 août 2015 – Le Directeur exécutif d’AJC, David Harris, a fait la déclaration suivante concernant l’accord entre l’Iran et les grandes puissances du « P5+1 » :

Lorsque le Plan Global d’Action Conjoint a été annoncé à Vienne le 14 juillet dernier, AJC a publié un communiqué de presse indiquant qu’il faudrait d’abord étudier le texte complet et ses répercussions avant de prendre position au sujet de l’accord, comme le Congrès américain qui a entamé une période de réflexion et d’examen minutieux de 60 jours.

Au cours des trois dernières semaines, AJC s’est engagé dans des consultations externes et des délibérations internes ouvertes et profondes, impliquant notamment de nombreux représentants religieux et dirigeants d’AJC.

Durant cette période intensive, nous avons eu le privilège de nous entretenir en privé avec le secrétaire d’Etat John Kerry et, plus tard, la sous-secrétaire d’Etat Wendy Sherman, qui se sont tous deux rendus au siège d’AJC, à New York. Nous avons également eu l’occasion de parler avec des membres démocrates et républicains du Congrès ; des diplomates européens ; le monde arabe et Israël, des analystes notables maîtrisant parfaitement la question de la diplomatie nucléaire en ce qui concerne l’Iran. De même, nous avons été invités à prendre part à des discussions à Washington avec le Président Barack Obama et le secrétaire américain à l’Energie, Ernest Moniz. Nous sommes extrêmement reconnaissants de toutes ces opportunités qui nous ont été offertes.

Dès le départ, nous avons pris conscience du fait que le traité iranien n’était pas une mince affaire. Bien au contraire, il a été l’un des enjeux politiques les plus importants pour la présente génération. Par conséquent, il ne pouvait donner lieu à une réaction impulsive qui se résumerait à déclarer être pour ou contre, ou à une réponse synthétique de quelques mots.

Nous avons écouté attentivement les arguments de ceux qui sont en faveur de l’accord, qui, entre autres, ont affirmé que la progression du programme nucléaire iranien serait bloquée pendant dix ans minimum, sinon plus ; que l’Iran utiliserait l’argent des avoirs non gelés et la levée des sanctions en grande partie à des fins domestiques ; que le Moyen-Orient ne serait pas le témoin du spectre de la prolifération nucléaire ; que le régime d’inspection et de vérification serait le plus intrusif jamais élaboré par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui se concentre également sur l’éventuelle dimension militaire du précédent programme iranien; et, peut-être que l’Iran s’orienterait, avec le temps, vers des changements positifs et s’ouvrirait à une plus grande coopération.

Nous avons également prêté une oreille attentive aux opposants qui ont notamment fait valoir que cet accord ne démantèlerait pas l’infrastructure iranienne, mais, au mieux, la retarderait simplement ; qu’il légitime en fait l’émergence de l’Iran comme un Etat « du seuil nucléaire » sans même avoir à violer l’accord ; qu’au moins une partie des fonds iraniens seraient utilisés pour alimenter la terreur et l’instabilité au Moyen-Orient et ailleurs ; que les alliés des Etats-Unis dans la région ont été profondément perturbés par l’accord et ses implications plus larges ; et qu’il faut prendre en compte la possibilité que l’Iran trompe la communauté internationale, comme il l’a déjà fait dans le passé à Natanz et Fordow, et comme cela avait également été fait par la Corée du Nord et la Syrie.

Bien que nous respectons ceux qui, au sein du « P5+1 » piloté par les Etats-Unis, ont minutieusement négocié l’accord au fil des années, ont sans cesse été défiés par l’Iran et, il faut le souligner, ont aussi eu à gérer l’interaction complexe entre les parties du « P5+1 » lui-même, cet accord comporte trop de risques, de préoccupations et d’ambiguïtés pour que nous lui apportions notre soutien.

En abandonnant la posture antérieure de sanctions dans la négociation en échange du démantèlement des infrastructures nucléaires iraniennes et en le remplaçant par ce qui est essentiellement un gel temporaire de son programme, le « P5+1 » a en effet validé le futur statut de l’Iran comme étant un Etat dit « du seuil nucléaire », ce que le Président Obama a lui-même reconnu dans une interview accordée à la presse.

Étant donné la nature du régime iranien et son idéologie fondamentale, AJC ne peut accepter cette perspective. Elle est trop menaçante et pourrait déclencher une réponse des voisins inquiets de l’Iran, eux-mêmes susceptibles de chercher à obtenir l’armement nucléaire, ainsi que, de façon plus immédiate et plus certaine encore, des armes conventionnelles évoluées, ajoutant un tout nouveau niveau de menace dans la région du monde la plus instable et la plus armée. Ce n’est certainement pas dans l’intérêt des Etats-Unis en matière de sécurité à long terme.

De plus, en levant le gel sur les avoirs iraniens dans un délai relativement bref, la suppression des sanctions déclenchera de nombreuses visites à Téhéran, comme en témoigne le désir du vice-chancelier et ministre de l’Economie allemand Sigmar Gabriel d’être parmi les premiers. En outre, mettre fin à l’embargo iranien sur les armes dans un délai de cinq ans et sur la technologie des missiles, contribuerait à son programme d’ICBM et profiterait énormément au régime dans un délai de huit ans – sans exiger pour autant du pays qu’il change son attitude, jusqu’alors déstabilisatrice et dangereuse. Cela comprend ses fréquents appels « mort à l’Amérique » et « mort à Israël » et ses ambitions hégémoniques en Irak, en Syrie, au Liban, au Bahreïn et au Yémen. AJC ne peut aucunement accepter cette optique.

Les partisans de l’accord soutiennent que la seule alternative serait la guerre. Nous ne sommes pas d’accord. Nous ne sommes pas partisans de la guerre contre l’Iran, nous n’avons d’ailleurs jamais préconisé l’usage de la force, même si nous avons toujours cru en une option militaire crédible comme une façon de convaincre l’Iran de notre sérieux. Mais jusque-là, les négociateurs du « P5+1 » affirmaient « l’alternative à un mauvais accord est l’absence d’accord. » Qu’est-il advenu de cette formulation, et pourquoi n’est-elle soudainement plus d’actualité ?

Nous comprenons que le fait de s’opposer à cet accord soulève d’importantes questions au sujet de l’avenir ; des questions auxquelles personne n’est vraiment apte à répondre aujourd’hui. Mais nous pensons aussi que l’Iran, face à un solide leadership américain, aura intérêt à revenir à la table des négociations tôt ou tard.  Enfin, nous savons que soutenir cet accord aura assurément des conséquences bien plus inquiétantes sur l’avenir.

Par conséquent, AJC s’oppose à l’accord et invite les membres du Congrès à faire de même.

Ce faisant, nous souhaitons faire deux remarques supplémentaires.

Tout d’abord, nous comprenons parfaitement que le débat déchaîne les passions des deux côtés, mais ça ne devrait pas être une excuse pour se livrer à des attaques personnelles ou à des déclarations incendiaires n’ayant aucun fondement factuel, qu’elles soient exprimées par les partisans de l’accord ou par ses adversaires. Il est primordial d’organiser un véritable débat sur ces problématiques et de ne pas tomber dans le piège des accusations ad hominem.

Deuxièmement, il est dans l’intérêt des Etats-Unis – aujourd’hui plus que jamais – de maintenir les liens les plus étroits possibles avec nos alliés de longue date dans la région, parmi lesquels Israël, l’Égypte, la Jordanie, et les pays membres du Conseil de coopération du Golfe. Leur géographie, immuable, les place en première ligne. Leur évolution politique et leurs préoccupations en matière de sécurité – certaines fois exprimées de façon publique, d’autres fois de façon privée – doivent être examinés avec soin, aujourd’hui comme demain. Ils ont besoin de nous tout comme nous avons besoin d’eux.

Une délégation d’AJC en visite au Caire et à Amman

Caire

7 juillet 2015 – Le Caire – A l’occasion de réunions de haut niveau organisées quelques jours après les attaques meurtrières dans le Sinaï et à Héliopolis, AJC a exprimé sa solidarité avec l’Egypte dans la lutte contre le terrorisme islamiste.

Il s’agit de la cinquième visite au Caire d’AJC depuis la révolution de janvier 2011. La délégation, à laquelle se sont joins de nombreux membres d’AJC, était conduite par le président Stanley Bergman qui a présenté ses condoléances au président Abdel Fattah Al Sissi pour la perte tragique dont le pays a souffert. Ils ont ensuite abordé des questions stratégiques, politiques, économiques et sociales.

« L’Egypte, un allié essentiel des Etats-Unis, fait face à de sérieux défis, mais nous revenons de cette dernière visite impressionnés par la détermination du président Al Sissi à les affronter. » a déclaré Bergman à la suite de la réunion de deux heures du groupe dans le palais présidentiel. « Les batailles que l’Egypte mène contre la menace djihadiste et la trajectoire qu’elle suit afin de mettre fin à des années de stagnation et de bouleversements politiques sont essentiels pour la région et pour le monde entier. »

« Nous sommes impatients de pouvoir constater les progrès du gouvernement afin de satisfaire le peuple égyptien en matière de sécurité et de stabilité, la réalisation de ses objectifs de croissance économique, la mise en application de la promesse de renforcement des institutions démocratiques ainsi que la protection des droits humains. »

La délégation a rencontré des hauts fonctionnaires, parmi lesquels le Premier ministre Ibrahim Mahlab et le ministre des Affaires étrangères Sameh Shoukry mais aussi des diplomates, chefs d’entreprise, militants politiques et des personnalités de la société civile.

L’Iran et l’accord nucléaire ont fait partie des sujets abordés au cours des deux jours de réunions au Caire, tout comme l’instabilité accrue qui touche le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ainsi que son impact sur l’Egypte et Israël ; l’amélioration des relations américano-égyptiennes ; le renforcement de la coopération stratégique entre l’Egypte et Israël contre le terrorisme islamiste ; la perspective d’expansion des interactions humaines et économiques entre l’Egypte et Israël ; l’agenda égyptien concernant Israël lors des forums internationaux ainsi que les préoccupations concernant l’antisémitisme d’un point de vue mondial et régional.

AJC – La communauté copte égyptienne doit être protégée

972337_10152144488104408_650602626_n15 août 2013 – New York – AJC est consterné les attaques en cours commises contre la communauté copte égyptienne. Une des plus anciennes églises en Egypte : l’Eglise de la Vierge Marie à Minya, construite au 4ème siècle, a été détruite par les flammes hier rapporte un tweet d’un militant égyptien des droits de l’homme. Les médias ont rapporté des attaques contre des églises dans la ville de Suez et dans plusieurs autres villages égyptiens.

« La violence organisée contre les Coptes d’Egypte, l’assassinat d’innocents et la destruction des églises sont scandaleux et impardonnables », a déclaré Jason Isaacson, Directeur des affaires internationales  d’AJC, qui s’était rendu en Egypte en avril.

« La majeure partie des attaques ciblées en Egypte commises par les partisans du Président, déchu, Mohamed Morsi sont contre la communautés copte », a déclaré Isaacson. « En l’absence de modération des Frères musulmans sur ces éléments, il est impératif que les autorités égyptiennes redoublent d’efforts pour assurer la sécurité de la communauté copte chrétienne. »

Plus de 100.000 Coptes ont fui l’Egypte depuis le soulèvement en 2011 qui a renversé Hosni Moubarak, écrit Samuel Tadros dans son livre récemment publié, « La patrie perdue : La quête égyptienne et copte pour la modernité. »

La communauté copte a toujours été plus au moins maltraitée dans l’histoire égyptienne mais l’augmentation des attaques ces derniers jours suggère que les partisans du gouvernement déchu du chef des Frères musulmans Morsi tiennent pour responsable de la répression militaire la communauté copte.

« Prendre pour bouc émissaire et attaquer brutalement une communauté chrétienne minoritaire dans le pays arabe le plus peuplé n’augure rien de bon pour l’avenir des chrétiens en Egypte ou pour les communautés chrétiennes à travers le monde arabe », a déclaré Isaacson.

En plus de l’assassinat d’un prêtre copte quelques jours après le renversement du gouvernement Morsi, une petite fille copte de 10 ans a été abattue la semaine dernière sur le chemin de la maison de son église du Caire.

Une délégation d’AJC avait rencontré des hauts fonctionnaires du gouvernement au Caire en Avril et avait exprimé de profondes inquiétudes au gouvernement précédent quant à la sécurité de la communauté copte. Les dirigeants AJC étaient arrivés en Egypte peu après que la cathédrale Saint-Marc copte au Caire fut attaquée.

AJC urges Egypt to protect Coptic minority after more deadly attacks on Churches

May 8, 2011 — New York — AJC called on the Egyptian government to take the necessary measures to ensure the safety of Christians Copts and their religious institutions, after two Cairo churches were burned last night. At least ten people died in the attacks, with many more injured, the third major assault on Copts since the beginning of this year.
“Egypt’s dramatic transition to democracy, if it is to take place in earnest, will be tested by how the country’s minorities are treated,” said AJC Executive Director David Harris. “The total lack of security around Coptic churches is profoundly troubling, sending a message of disregard by the Egyptian authorities.”
Egypt’s 8 million Copts comprise about 10 percent of the country’s population. In March, a church in southern Egypt was torched, following the New Year’s Day suicide bombing at an Alexandria church that left more than 20 dead.
“As we have said in the past, Egyptian authorities must provide security for Coptic churches, speak out forcefully against this religiously-motivated violence, and urge a climate of respect for those of minority faiths,” said Harris.
In another sign of growing concern over the situation in Egypt, the bipartisan U.S. Commission on International Religious Freedom has recommended that Egypt, for the first time, be designated a “country of particular concern.”

Penser les plaies d’Egypte

Par Simone Rodan-Benzaquen, représentante d’AJC en France

paru dans la Règle du Jeu http://laregledujeu.org/2011/02/18/4793/penser-les-plaies-d’egypte/

Comme la plupart des citoyens des  pays Occidentaux, les récents bouleversements en Tunisie et en Egypte ont éveillé en moi  des sentiments forts et mitigés. Très vite après la stupéfaction, j’ai voulu me laisser gagner par l’espoir.  Comment en effet ne pas se réjouir que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme puisse enfin trouver asile sur ces terres promises de l’universalité?

Si les événements inattendus de ces dernières semaines, à partir de la Tunisie, ont ce subtil parfum d’espoir, celui d’une révolution de l’intérieur, spontanée, débordante, sans autodafés, sans boucs émissaires, je me suis dit alors que c’était possible ailleurs au Proche Orient. J’ai silencieusement souhaité ces mouvements citoyens en Egypte. Et j’ai vu les révolutionnaires de la place Tahrir s’approprier l’article 1 alinéa 2 de la Charte des Nations Unies : liberté des peuples à disposer d’eux mêmes. C’est cette phase charnière de l’histoire du Proche Orient que nous vivons en direct. Les faucons d’un Lawrence d’Arabie ont laissé place aux Facebook, Twitter et d’autres réseaux sociaux. Internet a remplacé les sabres et les images volées et immédiatement diffusées dans le monde entier sont rentrées dans l’histoire. Soudainement il n’y avait plus un Nord à l’air libre et un Sud sous le joug. Les peuples proche-orientaux, après plus d’un siècle d’étouffement, se sont mis à chanter la liberté, et nous nous prenons à espérer sur la contagion souhaitable en Iran, en Algérie, en Syrie, au Yémen.

Mais il faut garder les yeux grands ouverts. Nous ne devons pas tomber dans le piège qui fait amalgame entre démocratie et élections. Oui, les élections font bien partie du processus démocratique, mais le concept d’élection ne s’arrête pas seulement au bulletin de vote. La démocratie, au delà d’être un régime politique est une « idée », et faire vivre cette idée nécessite la mise en place préalable d’une justice impartiale, de la séparation des pouvoirs, d’une presse libre, des droits pour les minorités et d’un appareil de sécurité qui garantit le monopole de l’usage de la force. C’est d’abord en mettant ces moyens institutionnels en place que l’idée démocratique  pourra faire son chemin, dans le temps, en Egypte d’abord et dans les autres pays de cet Orient si surprenant et si prometteur.

En effet, l’avenir de l’Egypte doit être examiné en profondeur, sans angélisme ni naïveté. Dire que l’Egypte a une faible croissance économique, que la répartition des richesses est très inégale, que le pluralisme politique reste à être établi, qu’il existe des identités basées sur les divisions religieuses, et que tous ces facteurs peuvent entraîner une plongée en apnée terrible dans l’autoritarisme ou l’extrémisme religieux n’a rien d’excessif. Sans condescendance et face au chaos extrémiste, nous pouvons accompagner le peuple égyptien dans la création d’institutions démocratiques.

Revenons quelques années en arrière et penchons-nous sur les élections législatives de 2006 organisées par l’Autorité Palestinienne. J’étais dans la région à ce moment précis, accompagnant une délégation de parlementaires français et je me souviens d’une longue conversation avec un journaliste arabe Israélien, Khaled Abu Toameh. Il nous avait prévenu que la communauté internationale, l’administration Bush en particulier, était en train de commettre une grave erreur en demandant aux Palestiniens de provoquer des élections dites libres. Et cela pour deux raisons : Tout d’abord parce que, d’une part, la population Palestinienne ne voyait que corruption parmi tous les dirigeants de l’Autorité Palestinienne. D’autre part, seul le Hamas semblait répondre à ses préoccupations au quotidien en lui assurant les soins médicaux et en lui facilitant l’accès à l’éducation et aux services sociaux. Ensuite, selon Khaled Abu Toameh, les fondations institutionnelles indispensables à la création d’un Etat stable et démocratique n’étaient réunies ni dans la société civile ni dans les projets politiques de l’Autorité palestinienne de 2006.

Nous  avons tous connaissance du résultat désastreux de ces élections législatives de 2006. La victoire du Hamas, mouvement politique et religieux, a plongé le hamasland dans une dépression prétendument organisée.  Le Hamas a utilisé sa milice coercitive pour prendre en 2007 le contrôle total de la bande Gaza et en en chassant brutalement l’Autorité palestinienne. Le mal s’est avéré pire que le remède annoncé. C’est un régime cruel et à son tour corrompu qui a étouffé la population gazaouie.

Le Premier Ministre palestinien Salam Fayyad a compris que, pour aboutir à la création d’un Etat Palestinien viable et non autoritaire, il est impératif de construire d’institutions viables, en valorisant le rôle législatif et en misant sur une amélioration notable de la qualité de vie des Palestiniens. Aujourd’hui, l’Autorité palestinienne doit s’appuyer sur les leçons de ces révolutions éclairs. La croissance économique et l’éducation sont les deux piliers d’un plan qui doit être pensé et appliqué avec rigueur et détermination. A côté de leur voisin israélien, le futur Etat palestinien a besoin d’institutions exemplaires qui, à l’instar des revendications des rues tunisiennes et égyptiennes, ait vocation à jeter aux oubliettes les scories d’un pouvoir soumis au seul attrait de la corruption. La paix est au prix des droits fondamentaux de tous les peuples, notamment de ceux d’Orient.

L’approche de Salam Fayyad devrait être une source d’inspiration pour tous les pays arabes. L’Egypte connaît aujourd’hui des obstacles semblables à la problématique des élections palestiniennes de 2006. Et parce qu’il n’existe pas de tradition ni d’institutions véritablement démocratiques, il ne faudrait pas qu’un mouvement religieux tel que celui des Frères Musulmans (organisation proche du Hamas) ou plus extrémiste encore, puisse voler la mise au peuple égyptien. Les « sans-culotte » de la place Tahrir ont spontanément choisi le mode de leur révolution, sans arme et sans barbe.

Des élections organisées à la hâte pourraient constituer un risque de retour à un système autoritaire, chaotique ou extrémiste. Cette situation nuirait avant tout aux égyptiens et tuerait dans l’œuf leur désir de liberté.

Les obstacles sont encore nombreux mais les défis ne doivent pas être insurmontables. La liberté, la prospérité et la paix passeront fatalement par une période de transition pendant laquelle devra s’inventer un modèle démocratique ajusté à l’histoire et au mode de vie et de culture de ces pays. Pourrons-nous jouer un rôle ? Nous demandera-t-on notre avis ? Peut-être les chaos de nos propres révolutions donneront à réfléchir et que les nécessaires subsides des pays encore riches seront équitablement distribués.
Alors, les élections oui, mais pas seulement.

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By Simone Rodan-Benzaquen, representative of AJC France

Like many others in the Western world, the revolutions in Tunisia and Egypt have left me feel astounded and shocked, but at the same deeply impressed and full of hope. How can we not support the uprising of a people that has been oppressed for so long? How can we not all strongly further the notion that the universality of the declaration of Human Rights can indeed be universal? This revolution has proven that the young people in the Arab world, like any other people, long for freedom, economic stability and democracy.

The unanticipated events from the last weeks and days give us hope that a democratic revolution from inside can indeed take place in the Middle East. It is a historic moment to savor. We are all standing still, nervously waiting if the revolution will spread to other countries in the Middle East. Who is next to come, which despot is the next to be forced to step down? Yemen, Algeria, Syria and maybe even Iran?

But after having celebrated their successes with the Tunisians and Egyptians, we need to focus on the future. And it seems as if for the Egyptian people the most difficult and delicate part of their struggle is still lying ahead.

Democracy should not be confused with elections. Yes, elections are an integral part of the democratic process, but democracy means much more. Democracy is about institution building. It requires the separation of power, the rule of law, a free press, minority rights, and one single functioning security force.  These institutions provide the basis of a functioning democratic system.

The future of Egypt needs to be thoroughly thought through, without naïveté.  Saying that Egypt has a low level of economic development, a dysfunctional economy, little historical experience with political pluralism, identity-based divisions and the potential danger of religious extremism is not being patronizing, but necessary for a realistic approach toward the realization of the aspiration of the Egyptian people. Looking reality straight into the eye should lead us to the conclusion that if not carefully managed, elections in 6 months (as has been announced by the Egyptian army) could mean a disaster for the future of Egypt and the region.

To look at the example of the Palestinian legislative elections back in 2006 might be instructive. At the time I was in the region with a delegation of French parliamentarians and remember a long conversation we had with the Arab-Israeli journalist Khaled Abu Toameh. He warned us that the international community, and the Bush administration in particular, was committing a severe mistake by asking the Palestinians to hold elections at that time.

The reasons he gave us were twofold: First of all he argued, the Palestinian population regarded the Palestinian Authority as corrupt. Instead of  providing for their own people they would provide only for themselves. For many Palestinians, the  only organization caring for their wellbeing was Hamas, who provided healthcare, education and social services, an integral part of Hamas’ political tactics. Secondly, according to Abu Toameh, the institutionary foundations indispensable to build a stable democracy were not existent in Palestinan politics and society. The result was that the Palestinian people were simply incapable of exercising their electoral right in the most meaningful manner.

We are all aware of the outcome of the 2006 legislative elections. Hamas won and subsequently used its militia to take control of Gaza in 2007 and has become a cruel, corrupt and criminal ruler against the people of Gaza.

Today, Palestinian Prime Minister Salam Fayyad has understood that in order to have a functioning Palestinian state in the future, he will need to focus on building institutions, supporting the rule of law and improving the quality of life for Palestinians. A high level of economic growth needs to follow, and this all has to be accompanied by raising awareness for democratic functions and processes through education.

While the future of Palestine seems in itself uncertain, the approach of Salam Fayyad should nevertheless be an inspiration for others in the region. Egypt faces similar problems today as the Palestinians back in 2006. There exists no democratic tradition, no functioning democratic institutions and a relatively strong religious fundamentalist movement, the Muslim brotherhood (the parent organisation of Hamas), which is the only organized political and social force,  that could potentially feed upon the failure of a functioning pluralist system.

It is crucial that we are aware of all these challenges and potential obstacles that await the Egyptian people in their struggle for an uncertain future. It will not be easy and a new model will certainly be needed. But the international community should  support the Egyptian people by supporting the basic prerequisite for freedom, peace and prosperity. This will certainly mean more than just supporting elections.