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Sortie du rapport 2024 d’AJC sur l’état de l’antisémitisme aux États-Unis

Sortie du rapport 2024 d’AJC sur l’état de l’antisémitisme aux États-Unis

Pour la première fois, la majorité des Juifs américains modifient leur comportement par crainte de l’antisémitisme

Ce que les Juifs américains pensent des manifestations hostiles à Israël, de ceux qui quittent le pays à cause de l’antisémitisme, des sources de l’antisémitisme, et plus encore

New York, NY – Pour la première fois dans l’histoire de l’American Jewish Committee (AJC), une majorité (56 %) de Juifs américains déclarent avoir changé de comportement par crainte de l’antisémitisme. Le rapport 2024, publié aujourd’hui, est la première analyse menée auprès des Juifs américains et des adultes américains pour examiner l’impact de l’antisémitisme au cours de l’année complète suivant le 7 octobre 2023 et la guerre lancée par le Hamas contre Israël.

Ce rapport est le plus grand sondage annuel de ce type et le premier à analyser une demi-décennie de données de cette nature, provenant à la fois des Juifs américains et des adultes américains. L’AJC a commencé à sonder les Juifs américains en 2019 et les deux groupes en 2020, ce qui permet de mieux appréhender la manière dont les expériences de l’antisémitisme aux États-Unis ont évolué au fil du temps.

Alors qu’environ trois quarts (77 %) des Juifs américains déclarent se sentir moins en sécurité en tant que Juifs aux États-Unis en raison des attentats du 7 octobre, il n’est pas surprenant que près de six Juifs américains sur dix (56 %) déclarent avoir modifié leur comportement au cours des 12 derniers mois par souci de leur sécurité. Il s’agit d’une forte augmentation par rapport aux années précédentes, passant de 38 % en 2022 à 46 % en 2023 et à 56 % en 2024.

« L’antisémitisme a atteint un point de basculement en Amérique, menaçant les libertés des Juifs américains et jetant une ombre inquiétante sur notre société », a déclaré Ted Deutch, CEO de l’AJC. « L’heure est venue pour les leaders américains de se mobiliser. Nous devons agir maintenant pour protéger les Juifs – et l’Amérique – contre la montée de l’antisémitisme. Le fait qu’un tiers des Juifs américains aient été la cible de l’antisémitisme au cours de l’année écoulée, devrait alerter tous les Américains et nos dirigeants.« 

Les Juifs américains considèrent que l’antisémitisme provient de diverses sources. L’enquête 2024 a demandé aux Juifs américains d’évaluer le degré de menace antisémite que certains mouvements politiques ou doctrines – l’extrême droite, l’extrême gauche, l’extrémisme au nom de l’islam et le nationalisme chrétien – représentent aujourd’hui aux États-Unis. Environ un tiers des Juifs américains déclarent que chacun de ces quatre groupes représente une menace antisémite très sérieuse : l’extrémisme au nom de l’islam (33 %), le nationalisme chrétien (33 %), l’extrême gauche politique (33 %) et l’extrême droite politique (33 %). Environ trois quarts ou plus déclarent que chaque catégorie représente au moins une légère menace antisémite.

Sûreté et sécurité

La grande majorité (90 %) des Juifs américains déclarent que l’antisémitisme a augmenté soit beaucoup (61 %), soit un peu (29 %) depuis les attaques terroristes du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, et un tiers (33 %) des Juifs américains déclarent avoir été la cible personnelle de l’antisémitisme – en personne ou virtuellement – au moins une fois au cours de l’année écoulée:

  • 23 % déclarent avoir été la cible d’une remarque antisémite en personne
  • 17 % déclarent avoir été la cible d’une remarque ou d’un message antisémite en ligne ou sur les réseaux sociaux
  • 6 % déclarent avoir été victimes de vandalisme ou de messages antisémites (tels que des tracts ou des brochures) laissés à leur domicile
  • 2 % déclarent avoir été la cible d’une attaque antisémite en personne, au cours de laquelle l’agresseur les a physiquement touchés
  • 10 % déclarent avoir été la cible de toute autre forme d’antisémitisme, non encore mentionnée

Les trois quarts (78 %) déclarent n’avoir signalé aucun des actes antisémites dont ils ont été victimes, et plus de la moitié (54 %) déclarent avoir pensé que rien ne serait fait s’ils les avaient signalés.

Près des trois quarts des adultes juifs (73 %) déclarent que les Juifs aux États-Unis se sentent moins en sécurité qu’il y a un an. À titre de comparaison, 63 % ont déclaré que la situation des Juifs était moins sûre en 2023, contre 41 % en 2022 et 31 % en 2021.

Pour la première fois en six ans d’existence de l’enquête sur les expériences des Juifs américains, une majorité (60 %) des répondants juifs affirment que l’antisémitisme a beaucoup augmenté au cours des cinq dernières années, contre 50 % en 2023.

Un quart (25 %) des adultes juifs déclarent qu’une entreprise locale a été la cible d’actes antisémites au cours de l’année écoulée et un tiers (30 %) affirment que les institutions juives auxquelles ils sont affiliés ont été la cible d’actes antisémites au cours des cinq dernières années, soit une augmentation par rapport aux années précédentes où environ un quart des personnes interrogées avaient déclaré la même chose.

L’enquête de 2024 a demandé aux adultes juifs s’ils avaient envisagé, au cours des cinq dernières années, de quitter les États-Unis pour un autre pays en raison de l’antisémitisme : 13 % ont répondu par l’affirmative. Dans une autre enquête de l’AJC, 2024 Survey of American Jewish Opinion, publiée en juin 2024, la question suivante avait été posée à des adultes juifs : « au cours des cinq dernières années précédant le 7 octobre, avez-vous envisagé de quitter les États-Unis en raison de l’antisémitisme pour vous installer dans un autre pays ? » À l’époque, seuls 6 % des répondants avaient répondu par l’affirmative.

Changement de comportement

Pour la première fois en six ans d’histoire des sondages auprès des Juifs américains, une majorité (56%) déclare avoir modifié son comportement – en évitant certains usages ou certaines activités – au cours de l’année écoulée par crainte de l’antisémitisme.

  • 40 % déclarent avoir évité de porter ou d’afficher publiquement des objets susceptibles de les identifier comme Juifs, contre 26 % en 2023.
  • 37 % déclarent avoir évité de publier en ligne des contenus qui les identifieraient comme juifs ou révéleraient leurs opinions sur des questions juives, contre 30 % en 2023
  • 31 % déclarent avoir évité certains lieux, événements ou situations par crainte pour leur sécurité ou leur confort en tant que personne juive, contre 26 % en 2023.

Plus de quatre juifs américains sur dix (43%) se disent très (7%) ou assez (37%) inquiets d’être victimes d’antisémitisme au cours de l’année à venir. Cette crainte augmente lorsqu’on les interroge sur leurs proches, environ la moitié des Juifs américains (52 %) se disant très (14 %) ou plutôt (39 %) inquiets qu’un membre de leur famille, tel que leurs parents, leur conjoint ou partenaire, ou leurs enfants, soit victime d’antisémitisme au cours des 12 prochains mois.

Les données indiquent également une augmentation importante de l’affiliation institutionnelle au cours de l’année qui a suivi les attentats du 7 octobre. L’enquête de 2024 révèle que 31% des Juifs américains déclarent n’être affiliés à aucune institution juive, soit une baisse de sept points de pourcentage par rapport à 2023 (38%). Cela suggère que les Juifs américains sont peut-être à la recherche d’une communauté et d’espaces dans lesquels ils peuvent exprimer leur pleine identité.

Israël

À une époque où le lien historique de la communauté juive avec Israël est remis en question, 81 % des Juifs américains déclarent que se soucier d’Israël est très (51 %) ou assez (30 %) important au regard de ce que signifie pour eux être juif.

Il est à noter que les adultes américains reconnaissent et comprennent également le lien entre l’identité juive et Israël, 85 % d’entre eux affirmant que l’affirmation « Israël n’a pas le droit d’exister » est antisémite. Cette opinion est partagée par les Juifs américains, 85 % d’entre eux affirmant la même chose.

Alors que 23 % des adultes américains estiment qu’il est soit tout à fait (8 %) soit quelque peu (15 %) acceptable de protester contre Israël en boycottant les Juifs américains ou les manifestations juives – comme en témoignent les protestations, les manifestations et même les actes de violence de plus en plus nombreux à l’extérieur et à l’encontre des institutions juives – une grande majorité de la population est consciente du lien entre l’antisémitisme et la diabolisation d’Israël. Près de huit adultes américains sur dix (77%) déclarent qu’il est inacceptable (soit complètement (52%), soit quelque peu (25%)) de protester contre Israël en boycottant des personnes ou des événements juifs américains. En outre, lorsqu’on leur demande quels sont les endroits aux États-Unis où il est acceptable de manifester contre le gouvernement israélien, moins d’un adulte américain sur dix déclare qu’il est acceptable de manifester devant un commerce ou un restaurant israélien (6 %), un commerce ou un restaurant juif (5 %), une synagogue (5 %) ou une école juive (4 %).

Il a également été demandé aux adultes américains de choisir entre deux caractérisations du Hamas, même si aucune ne correspondait exactement à leur opinion. Un adulte américain sur cinq (20 %) a déclaré que le Hamas était un groupe de résistance militant qui travaillait principalement dans l’intérêt du peuple palestinien, contre une grande majorité (80 %) qui estime que le Hamas est une organisation terroriste qui travaille principalement dans son propre intérêt.

Environ deux tiers (67 %) des adultes américains qui utilisent les réseaux sociaux disent avoir vu ou entendu des informations sur les attaques terroristes du Hamas et la guerre qui s’en est suivie, sur leurs flux de réseaux sociaux. Parmi ce groupe, 43 % de ceux qui ont vu des informations sur les attaques terroristes du Hamas et/ou la guerre entre Israël et le Hamas sur leurs flux, disent que les informations étaient plutôt (29 %) ou très (14 %) négatives à propos d’Israël. Environ un tiers (32 %) disent que les informations étaient plutôt ou très positives, et un quart (25 %) disent que les informations étaient neutres à propos d’Israël.

L’impact de ce que l’on voit sur les réseaux sociaux ne peut être sous-estimé. Près de quatre personnes sur dix (38 %) reconnaissent que les informations qu’elles voient sur les réseaux sociaux influencent beaucoup (9 %) ou un peu (29 %) leur opinion sur la guerre. Quatre autres personnes sur dix (40 %) affirment que les informations influencent un peu leur opinion. Seul un quart (23 %) affirme que ce qu’ils voient ou entendent sur les réseaux sociaux n’influence pas du tout leur opinion sur la guerre.

Jeunes Américains

L’enquête 2024 de l’AJC a révélé que les jeunes Juifs américains sont plus susceptibles d’avoir été victimes d’antisémitisme que leurs aînés. Au cours des 12 derniers mois, quatre jeunes Juifs américains sur dix (41 %) (âgés de 18 à 29 ans) déclarent avoir été la cible d’antisémitisme au moins une fois, contre 31 % des Juifs américains âgés de 30 ans et plus. Il est important de noter que leurs pairs – des adultes américains du même âge – sont moins susceptibles de savoir ce qu’est l’antisémitisme. Environ quatre jeunes Américains sur dix (41 %) ne connaissent pas le terme « antisémitisme » – ils ont soit entendu le terme, mais ne savent pas ce qu’il signifie (30 %), soit n’ont jamais entendu le terme auparavant (11 %).

Plus d’un tiers (35 %) des étudiants universitaires juifs américains déclarent avoir été victimes d’antisémitisme au moins une fois pendant leur séjour sur le campus, et environ la moitié (48 %) disent s’être sentis mal à l’aise ou en danger lors d’un événement sur le campus parce qu’ils sont juifs ; avoir évité de porter, de transporter ou d’afficher des objets qui pourraient les identifier comme juifs ; ou avoir évité d’exprimer des opinions sur Israël sur le campus ou avec leurs camarades de classe par crainte de l’antisémitisme.

L’enquête de 2024 a également interrogé les étudiants juifs sur leur environnement pédagogique. Un tiers (33 %) des étudiants actuels et récents déclarent que la vie étudiante et/ou les activités étudiantes ont encouragé l’antisémitisme au moins une fois ; 32 % disent la même chose du corps professoral sur le campus, et 24 % partagent ce sentiment concernant le contenu des cours.

Il a été demandé aux étudiants juifs américains, dans le cadre de deux questions distinctes, s’ils avaient remarqué des manifestations ou des protestations anti-israéliennes ou des campements pro-palestiniens depuis le 7 octobre 2023. La moitié (50 %) des étudiants juifs américains ont déclaré avoir remarqué des manifestations ou des protestations anti-israéliennes, et environ quatre sur dix (42 %) ont remarqué des campements pro-palestiniens. Parmi ceux qui ont remarqué des manifestations, environ la moitié (51 %) ont déclaré que ces manifestations les avaient rendus très (25 %) ou plutôt (26 %) inquiets.

Il a également été demandé aux parents juifs d’élèves du secondaire, quelle importance ils accordaient aux rapports faisant état d’antisémitisme sur le campus, lorsqu’ils envisageaient de choisir une université. Près de sept sur dix (68 %) ont déclaré que ces rapports étaient très (51 %) ou plutôt (17 %) importants dans ce processus de prise de décision.

L’antisémitisme en ligne et sur les réseaux sociaux

Les Juifs américains sont toujours plus exposés à l’antisémitisme en ligne et sur les réseaux sociaux. Environ sept adultes juifs sur dix (69 %) déclarent avoir été victimes d’antisémitisme en ligne ou sur les réseaux sociaux, y compris ceux qui disent avoir été personnellement visés et ceux qui disent avoir vu ou entendu des incidents antisémites. Ce chiffre passe à huit sur dix (83 %) chez les jeunes adultes juifs. Parmi les adultes américains qui ont été témoins d’actes antisémites au cours des 12 derniers mois, la majorité (70 %) déclarent les avoir vus en ligne ou sur les réseaux sociaux.

Parmi les Juifs américains qui ont vu ou entendu des propos antisémites en ligne au cours de l’année écoulée, un sur cinq (20 %) déclare que le ou les incidents en ligne lui ont donné l’impression d’être physiquement menacé. Parmi ceux qui disent s’être sentis physiquement menacés, 58 % déclarent s’être sentis menacés sur Facebook et 37 % sur Instagram. Près de quatre personnes sur dix (37 %) déclarent s’être senties physiquement menacées sur X, un tiers (32 %) disent la même chose de TikTok et une personne sur cinq (20 %) déclare s’être sentie menacée sur YouTube. Il convient de noter, sur la base d’enquêtes précédentes de l’AJC, que davantage de Juifs américains âgés de plus de 18 ans déclarent utiliser Facebook plutôt que d’autres plateformes, de sorte que la probabilité d’être victime d’antisémitisme sur cette plateforme est plus élevée.

Alors que l’intelligence artificielle (IA) se développe et se généralise, environ la moitié des Juifs américains ne font pas confiance aux entreprises qui utilisent l’IA générative pour protéger leurs produits ou leurs plateformes contre l’antisémitisme (49 %), la désinformation sur les Juifs (53 %), les préjugés anti-israéliens (55 %) ou la désinformation sur les Israéliens (55 %).

Les données exigent des mesures

Les résultats détaillés dans le rapport The State of Antisemitism in America 2024, qui reflètent également un grand nombre de preuves anecdotiques, révèlent de manière saisissante l’ampleur et la profondeur de l’antisémitisme aux États-Unis et ses effets non seulement sur les Juifs américains, mais aussi sur le grand public.

L’augmentation de l’antisémitisme est souvent associée à une augmentation de la polarisation et du clivage en général et indique des menaces plus larges pour la démocratie. Les enquêtes de 2024 ont interrogé les Juifs américains et les adultes américains sur leur niveau de confiance dans le fonctionnement de la démocratie aux États-Unis par rapport à il y a cinq ans. Une grande majorité de Juifs américains (72 %) et la plupart des adultes américains (66 %) ont moins confiance dans le fonctionnement de la démocratie.

« La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus de gens sont conscients que l’antisémitisme est un problème de société », a déclaré Holly Huffnagle, directrice de la lutte contre l’antisémitisme de l’AJC aux États-Unis. « La grande majorité (90 %) des adultes américains estiment que l’antisémitisme affecte la société dans son ensemble et que chacun a la responsabilité de le combattre. Un problème qui concerne l’ensemble de la société nécessite une approche globale. Il est encourageant de constater qu’un tiers (34 %) des adultes américains se sont prononcés contre l’antisémitisme, mais nous avons besoin que chacun reconnaisse qu’il ne peut plus se tenir à l’écart. Ils doivent faire partie de la solution. Nous nous efforçons de transformer l’alliance en solutions réelles et tangibles alors que nous continuons à faire face à cette montée vertigineuse de l’antisémitisme qui n’a fait que s’accentuer depuis les événements horribles du 7 octobre.« 

Les données du rapport 2024 de l’AJC exigent que des mesures soient prises. Alors que l’extrémisme croissant érode le tissu de nos communautés, l’AJC s’efforce à la fois de préserver la démocratie et de lutter contre l’antisémitisme aux États-Unis et dans le monde.

À une époque d’hyperpolarisation et de méfiance envers les systèmes démocratiques, l’AJC reste convaincu de la nécessité d’un plaidoyer bipartisan soutenu, afin de protéger les Juifs et toutes les minorités. Cette approche a conduit à l’adoption d’une législation visant à améliorer le signalement des crimes de haine et à protéger les institutions religieuses contre les menaces et les actes de dégradation ou de destruction. En outre, l’AJC continue de soutenir un financement important en faveur de subventions en matière de sécurité pour les organisations à but non lucratif.

L’AJC a travaillé et continue de travailler avec les législateurs à travers le pays – et le monde – pour adopter et mettre en œuvre la définition de travail de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) comme outil politique clé pour comprendre l’antisémitisme et appliquer correctement les lois sur les crimes de haine. L’AJC a également joué un rôle important dans l’élaboration et la mise en œuvre de la Stratégie nationale américaine de lutte contre l’antisémitisme, la première initiative pan-gouvernementale des États-Unis visant à lutter contre l’antisémitisme.

L’AJC reconnaît depuis longtemps l’impact des réseaux sociaux et des informations partagées sur les plateformes, qu’elles soient factuelles ou non, sur le discours public, ainsi que leur propension à encourager la violence. À ce titre, l’AJC continue de réclamer une réforme de l’article 230 de la loi américaine sur la décence en matière de communication (Communications Decency Act) de 1996 afin de tenir les réseaux sociaux responsables de la propagation de la violence antisémite et haineuse sur leurs plateformes. L’AJC a également établi des relations de longue date avec des entreprises de réseaux sociaux, s’efforçant de faire de ces questions une priorité pour ces entreprises et leurs plateformes. Ces relations ont permis à l’AJC d’intervenir dans des décisions critiques, notamment la décision de Meta de réviser sa politique concernant le terme « sioniste » comme synonyme de juif, et de veiller à ce que toutes les entreprises répriment le négationnisme sur leurs plateformes. L’AJC continue de travailler avec les entreprises technologiques et les invite à former des modèles d’intelligence artificielle pour identifier correctement l’antisémitisme, y compris les termes et les tropes contemporains ; à nommer l’antisémitisme dans les Conditions d’utilisation ; à faciliter le signalement de l’antisémitisme par les utilisateurs ; à améliorer les politiques et à ne pas apporter de modifications aux politiques existantes qui auraient pour conséquence d’accroître la visibilité et la diffusion de contenus antisémites ; à améliorer les systèmes de modération ; et à publier et améliorer les rapports de transparence.

Le AJC Center for Education Advocacy, récemment lancé, poursuit une approche audacieuse et à plusieurs niveaux, en développant le travail de l’organisation pour garantir que les Juifs de tous âges, dans tous les espaces éducatifs, puissent apprendre et grandir sans être menacés de harcèlement, d’intimidation et de violence. À une époque où l’antisémitisme se développe à tous les niveaux du système éducatif, l’AJC continuera à donner aux lycéens et aux étudiants les moyens de défendre le peuple juif et Israël, à proposer des ateliers éducatifs et des formations aux administrateurs scolaires, aux enseignants et aux parents, et à s’associer aux responsables de l’enseignement supérieur et de l’enseignement primaire et secondaire pour traiter les problèmes sur leurs campus et favoriser des environnements d’apprentissage ancrés dans la pensée critique, attachés aux valeurs démocratiques et refusant de normaliser l’antisémitisme sous quelque forme que ce soit. Les guides de l’AJC destinés aux établissements d’enseignement supérieur et aux administrateurs de l’enseignement primaire et secondaire ont été cités par le Congrès américain comme un outil de lutte contre l’antisémitisme sur les campus.

En décembre 2024, en partenariat avec le Comité des affaires œcuméniques et interreligieuses de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), l’AJC a publié Translate Hate : The Catholic Edition, une ressource révolutionnaire qui ouvre la voie à une coopération plus profonde et plus large dans un engagement commun pour éradiquer l’antisémitisme à un moment où les événements récents ont remis en question les relations entre catholiques et juifs. Afin de rendre l’éducation sur l’antisémitisme plus accessible et d’aider le grand public à mieux l’identifier et le comprendre, l’AJC prévoit de publier des versions supplémentaires de Translate Hate dans différentes langues (dont une version espagnole déjà disponible) et pour différentes communautés.

Grâce à son appel à l’action contre l’antisémitisme, une initiative novatrice et en constante évolution, l’AJC continuera de fournir des recommandations adaptées et spécifiques à tous les secteurs de la société pour comprendre, combattre et prévenir l’antisémitisme en mettant en œuvre des politiques aux niveaux fédéral, étatique et local et en travaillant avec les administrateurs des universités et des écoles primaires et secondaires, les forces de l’ordre et les partenaires interreligieux, entre autres.

Les enquêtes auprès des Juifs américains et des adultes américains ont été menées pour le compte de l’American Jewish Committee, une organisation non partisane, par le cabinet de recherche indépendant SSRS. L’enquête auprès des Juifs américains a permis de recueillir des données auprès d’un échantillon représentatif à l’échelle nationale de 1 732 Juifs âgés de 18 ans ou plus, du 8 octobre au 29 novembre 2024. La plupart des répondants ont participé à une enquête en ligne auto-administrée et les autres ont été interrogés par téléphone. L’enquête américaine auprès des adultes a recueilli des données auprès d’un échantillon national représentatif de 2 056 adultes de la population générale, âgés de 18 ans ou plus, du 10 octobre au 25 novembre 2024, via le SSRS Opinion Panel. La marge d’erreur pour les répondants juifs est de +/-3,3 points de pourcentage et pour l’ensemble des répondants adultes américains est de +/-3,0 points de pourcentage avec un niveau de confiance de 95 %.

En mai 2024, AJC Paris a publié la dernière version de son Enquête sur l’antisémitisme en France.