Le discours remarquable du président israélien Reuven Rivlin suite aux événements tragiques

Rivlin Samedi soir dernier, à Jérusalem, le président israélien Reuven Rivlin a prononcé un discours très inspirant à l’attention du peuple israélien : 

« Les amis, des flammes se propagent dans notre pays, des flammes de violence, des flammes de haine, des flammes de croyances déformées et tordues. Des flammes qui provoquent l’effusion de sang, au nom de la Torah, au nom de la loi, au nom de la morale, au nom d’un amour pour la terre d’Israël.

A la veille du 15 av, la fête juive de l’amour, 6 citoyens israéliens ont été cruellement poignardés, en plein cœur de Jérusalem. Une jeune fille d’à peine 16 ans figure parmi les blessés, et est toujours dans un état critique. Cet été, elle se retrouve entre la vie et la mort, luttant pour la vie. [Shira Banki a finalement succombé à ses blessures dimanche dernier.]

Cependant, je constate avec honte et horreur que le sang a encore coulé. Le chemin du meurtre et de la haine a été à nouveau emprunté. Au cours de la même nuit, des terroristes juifs ont brûlé la maison de la famille Dawabsha dans le village de Douma, donnant la mort au bébé, Ali, et blessant grièvement son grand frère âgé de 4 ans, ainsi que son père. La mère de famille se bat toujours pour sa vie.

Vendredi dernier, j’ai rendu visite à la famille, à l’hôpital Tel Hashomer. J’y suis allé en silence, honteux, réalisant avec effroi le pouvoir de la haine. J’ai honte de me dire que, dans le pays où ont été assassinés Shalhevet Pass, la famille Fogel, Adele Biton, Gilad, Eyal & Naftali, Mohammed Abou Khdeir, certains n’hésitent pas à raviver les flammes, à brûler la chair d’un bébé, à accroître la haine et la terreur.

« Quand vous multipliez les prières, je n’écoute pas: Vos mains sont pleines de sang. » s’est écrié le prophète Isaïe.

Nous ne pouvons pas continuer à ignorer ces flammes qui consument la population israélienne, à les considérer comme un malheureux concours de circonstance. Ces flammes, qui attaquent chacun d’entre nous, ne peuvent être éteintes par de faibles condamnations. Elles ne peuvent être étouffées avec des rassemblements de solidarité ou même par le biais de ce meeting.

Ces flammes ne peuvent être éteintes par des messages sur Facebook et des déclarations dans les médias. Ces flammes ne peuvent être arrêtées par la répression, le déni et le mépris. L’incitation, le ridicule, la frivolité, le laxisme et l’arrogance du cœur ne peuvent pas éteindre le feu mais seulement le nourrir davantage, lui permettre de se propager avec ferveur dans toutes les directions et d’imprégner toutes les couches de la société. Un mépris flagrant pour l’Etat de droit, la dignité humaine, l’amour de l’humanité, l’amour d’Israël, la liberté d’opinion s’est répandu et fait des ravages.

Une atmosphère a été créée ici, engendrant l’indulgence à l’égard de ce qui est naïvement qualifié de « mauvaises herbes ». Chaque société possède ses propres franges extrémistes, mais aujourd’hui, nous devons nous demander ce qui, dans l’atmosphère publique, permet à l’extrémisme et aux extrémistes de se déplacer en toute confiance, en plein jour. Qu’est-ce qui a permis à ces « mauvaises herbes » de menacer la sécurité de l’ensemble du jardin fleuri ?

Ces flammes ne peuvent être éteintes par la répression. Pour mettre fin au feu, nous devons être bien plus déterminés, catégoriques. Nous devons être rigoureux et précis ; de ceux qui font respecter la loi à ceux qui dirigent le peuple et le pays. Nous devons éteindre les flammes – l’incitation- avant qu’elles ne nous détruisent tous.

Aujourd’hui, les citoyens d’Israël, un Etat juif et démocratique, ont besoin d’une prise de conscience. L’Israël de la Déclaration d’Indépendance, l’Israël de la vision des prophètes, de compassion et de miséricorde, a besoin, aujourd’hui, d’une prise de conscience. Nous ne serons pas des fanatiques. Nous ne serons pas des intimidateurs. Nous ne deviendrons pas un Etat d’anarchie.

L’Etat d’Israël a été et ne cessera d’être un Etat de droit. L’Etat d’Israël a été et ne cessera d’être un Etat de liberté, de tolérance et de justice. L’Etat d’Israël a été et ne cessera d’être notre foyer. Notre foyer à nous tous.

« Après cela, on t’appellera ville de la justice, Cité fidèle. » disait encore le prophète Isaïe.

Amen. »

Le voici en version anglaise.

AJC condamne fermement l’incendie criminel ayant visé une famille palestinienne de Cisjordanie

Incendie31 juillet 2015 – New York – AJC condamne catégoriquement l’attaque meurtrière perpétrée contre une famille palestinienne dans le village cisjordanien de Douma, ayant coûté la vie à un enfant de 18 mois et grièvement blessé son frère âgé de 4 ans et ses parents.

L’assaut nocturne a tout l’air d’une nouvelle attaque du type « Prix à payer ». Il a été immédiatement condamné par le Premier ministre Benjamin Netanyahou, le chef de l’opposition Yitzhak Herzog ainsi que de nombreux autres responsables politiques. Netanyahou a qualifié le crime d’ « acte terroriste à tous égards ».

Les mots « Prix à payer » sont largement employés lors des attaques menées par des extrémistes juifs contre des églises, des mosquées, des écoles bilingues ou encore des individus palestiniens. Sur les murs de la maison incendiée, les assaillants ont également tagué « vengeance » et « longue vie au Messie » en hébreu, avec une étoile de David.

« Incendier la maison d’une famille palestinienne innocente, de toute famille semblable, est un geste effrayant car il incarne purement et simplement le Mal » a déclaré David Harris, le directeur exécutif d’AJC. « Ceux qui ont perpétré cet acte doivent être arrêtés et poursuivis selon toute la rigueur de la loi, et des mesures supplémentaires doivent être prises afin d’empêcher d’autres attaques similaires. Quant aux personnes blessées, nous pensons à elles et prions pour leur prompt rétablissement. »

Une proposition visant à poursuivre les auteurs d’attaques « Prix à payer » a été envisagée sans être finalement adoptée. « Le gouvernement israélien devrait reconsidérer la façon dont sont traitées de telles opérations commises par des extrémistes juifs et établir une politique de fermeté » a déclaré David Harris.

Comme l’a affirmé le président israélien Reuven Rivlin, « « À mon grand chagrin, jusqu’à présent, il semble que nous avons fait preuve de laxisme dans notre traitement des phénomènes du terrorisme juif. Peut-être que nous ne faisons pas assez pour intérioriser ce à quoi nous sommes confrontés, un groupe idéologique déterminé et dangereux, qui vise à détruire les ponts fragiles pour lesquels nous travaillons sans relâche afin de les bâtir ».