AJC s’exprime au sujet de l’accord iranien

Capture d’écran 2015-08-05 à 19.38.43New York – Le 5 août 2015 – Le Directeur exécutif d’AJC, David Harris, a fait la déclaration suivante concernant l’accord entre l’Iran et les grandes puissances du « P5+1 » :

Lorsque le Plan Global d’Action Conjoint a été annoncé à Vienne le 14 juillet dernier, AJC a publié un communiqué de presse indiquant qu’il faudrait d’abord étudier le texte complet et ses répercussions avant de prendre position au sujet de l’accord, comme le Congrès américain qui a entamé une période de réflexion et d’examen minutieux de 60 jours.

Au cours des trois dernières semaines, AJC s’est engagé dans des consultations externes et des délibérations internes ouvertes et profondes, impliquant notamment de nombreux représentants religieux et dirigeants d’AJC.

Durant cette période intensive, nous avons eu le privilège de nous entretenir en privé avec le secrétaire d’Etat John Kerry et, plus tard, la sous-secrétaire d’Etat Wendy Sherman, qui se sont tous deux rendus au siège d’AJC, à New York. Nous avons également eu l’occasion de parler avec des membres démocrates et républicains du Congrès ; des diplomates européens ; le monde arabe et Israël, des analystes notables maîtrisant parfaitement la question de la diplomatie nucléaire en ce qui concerne l’Iran. De même, nous avons été invités à prendre part à des discussions à Washington avec le Président Barack Obama et le secrétaire américain à l’Energie, Ernest Moniz. Nous sommes extrêmement reconnaissants de toutes ces opportunités qui nous ont été offertes.

Dès le départ, nous avons pris conscience du fait que le traité iranien n’était pas une mince affaire. Bien au contraire, il a été l’un des enjeux politiques les plus importants pour la présente génération. Par conséquent, il ne pouvait donner lieu à une réaction impulsive qui se résumerait à déclarer être pour ou contre, ou à une réponse synthétique de quelques mots.

Nous avons écouté attentivement les arguments de ceux qui sont en faveur de l’accord, qui, entre autres, ont affirmé que la progression du programme nucléaire iranien serait bloquée pendant dix ans minimum, sinon plus ; que l’Iran utiliserait l’argent des avoirs non gelés et la levée des sanctions en grande partie à des fins domestiques ; que le Moyen-Orient ne serait pas le témoin du spectre de la prolifération nucléaire ; que le régime d’inspection et de vérification serait le plus intrusif jamais élaboré par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui se concentre également sur l’éventuelle dimension militaire du précédent programme iranien; et, peut-être que l’Iran s’orienterait, avec le temps, vers des changements positifs et s’ouvrirait à une plus grande coopération.

Nous avons également prêté une oreille attentive aux opposants qui ont notamment fait valoir que cet accord ne démantèlerait pas l’infrastructure iranienne, mais, au mieux, la retarderait simplement ; qu’il légitime en fait l’émergence de l’Iran comme un Etat « du seuil nucléaire » sans même avoir à violer l’accord ; qu’au moins une partie des fonds iraniens seraient utilisés pour alimenter la terreur et l’instabilité au Moyen-Orient et ailleurs ; que les alliés des Etats-Unis dans la région ont été profondément perturbés par l’accord et ses implications plus larges ; et qu’il faut prendre en compte la possibilité que l’Iran trompe la communauté internationale, comme il l’a déjà fait dans le passé à Natanz et Fordow, et comme cela avait également été fait par la Corée du Nord et la Syrie.

Bien que nous respectons ceux qui, au sein du « P5+1 » piloté par les Etats-Unis, ont minutieusement négocié l’accord au fil des années, ont sans cesse été défiés par l’Iran et, il faut le souligner, ont aussi eu à gérer l’interaction complexe entre les parties du « P5+1 » lui-même, cet accord comporte trop de risques, de préoccupations et d’ambiguïtés pour que nous lui apportions notre soutien.

En abandonnant la posture antérieure de sanctions dans la négociation en échange du démantèlement des infrastructures nucléaires iraniennes et en le remplaçant par ce qui est essentiellement un gel temporaire de son programme, le « P5+1 » a en effet validé le futur statut de l’Iran comme étant un Etat dit « du seuil nucléaire », ce que le Président Obama a lui-même reconnu dans une interview accordée à la presse.

Étant donné la nature du régime iranien et son idéologie fondamentale, AJC ne peut accepter cette perspective. Elle est trop menaçante et pourrait déclencher une réponse des voisins inquiets de l’Iran, eux-mêmes susceptibles de chercher à obtenir l’armement nucléaire, ainsi que, de façon plus immédiate et plus certaine encore, des armes conventionnelles évoluées, ajoutant un tout nouveau niveau de menace dans la région du monde la plus instable et la plus armée. Ce n’est certainement pas dans l’intérêt des Etats-Unis en matière de sécurité à long terme.

De plus, en levant le gel sur les avoirs iraniens dans un délai relativement bref, la suppression des sanctions déclenchera de nombreuses visites à Téhéran, comme en témoigne le désir du vice-chancelier et ministre de l’Economie allemand Sigmar Gabriel d’être parmi les premiers. En outre, mettre fin à l’embargo iranien sur les armes dans un délai de cinq ans et sur la technologie des missiles, contribuerait à son programme d’ICBM et profiterait énormément au régime dans un délai de huit ans – sans exiger pour autant du pays qu’il change son attitude, jusqu’alors déstabilisatrice et dangereuse. Cela comprend ses fréquents appels « mort à l’Amérique » et « mort à Israël » et ses ambitions hégémoniques en Irak, en Syrie, au Liban, au Bahreïn et au Yémen. AJC ne peut aucunement accepter cette optique.

Les partisans de l’accord soutiennent que la seule alternative serait la guerre. Nous ne sommes pas d’accord. Nous ne sommes pas partisans de la guerre contre l’Iran, nous n’avons d’ailleurs jamais préconisé l’usage de la force, même si nous avons toujours cru en une option militaire crédible comme une façon de convaincre l’Iran de notre sérieux. Mais jusque-là, les négociateurs du « P5+1 » affirmaient « l’alternative à un mauvais accord est l’absence d’accord. » Qu’est-il advenu de cette formulation, et pourquoi n’est-elle soudainement plus d’actualité ?

Nous comprenons que le fait de s’opposer à cet accord soulève d’importantes questions au sujet de l’avenir ; des questions auxquelles personne n’est vraiment apte à répondre aujourd’hui. Mais nous pensons aussi que l’Iran, face à un solide leadership américain, aura intérêt à revenir à la table des négociations tôt ou tard.  Enfin, nous savons que soutenir cet accord aura assurément des conséquences bien plus inquiétantes sur l’avenir.

Par conséquent, AJC s’oppose à l’accord et invite les membres du Congrès à faire de même.

Ce faisant, nous souhaitons faire deux remarques supplémentaires.

Tout d’abord, nous comprenons parfaitement que le débat déchaîne les passions des deux côtés, mais ça ne devrait pas être une excuse pour se livrer à des attaques personnelles ou à des déclarations incendiaires n’ayant aucun fondement factuel, qu’elles soient exprimées par les partisans de l’accord ou par ses adversaires. Il est primordial d’organiser un véritable débat sur ces problématiques et de ne pas tomber dans le piège des accusations ad hominem.

Deuxièmement, il est dans l’intérêt des Etats-Unis – aujourd’hui plus que jamais – de maintenir les liens les plus étroits possibles avec nos alliés de longue date dans la région, parmi lesquels Israël, l’Égypte, la Jordanie, et les pays membres du Conseil de coopération du Golfe. Leur géographie, immuable, les place en première ligne. Leur évolution politique et leurs préoccupations en matière de sécurité – certaines fois exprimées de façon publique, d’autres fois de façon privée – doivent être examinés avec soin, aujourd’hui comme demain. Ils ont besoin de nous tout comme nous avons besoin d’eux.

AJC pousse le Congrès à examiner minutieusement l’accord nucléaire iranien

accord nucléaire iranien

15 juillet 2015 – New York – L’annone, hier, d’un accord entre le P5+1 conduit par les Etats-Unis et l’Iran sur son programme nucléaire a mis fin à d’intenses et difficiles négociations étendues sur plusieurs années.

« Le président Barack Obama s’est montré déterminé, envers et contre tout, à croire qu’un tel accord était possible. » a déclaré David Harris, directeur exécutif d’AJC. « Les efforts soutenus du secrétaire d’Etat John Kerry, ceux du secrétaire à l’énergie Ernest Moniz, de la sous-secrétaire d’Etat américain Wendy Sherman et d’autres fonctionnaires du gouvernement, ont pu concrétiser de telles perspectives. »

« Compte tenu des enjeux immensément élevés de cet accord, de ses couches de complexité, des nombreuses questions qui ont été posées à ce sujet par les experts dans ce domaine, incluant ce qui se passera après l’expiration du deal et la nature dangereuse du régime, il incombe désormais au Congrès américain, conformément aux dispositions de l’accord, de revoir en profondeur, débattre et finalement voter pour ou contre » a ajouté David Harris.

« Ce processus essentiel doit être guidé par une question toute aussi centrale : l’accord renforcera-t-il la sécurité des Etats-Unis, celle de nos alliés au Moyen-Orient et celle du monde entier ? Si c’est le cas, il doit être soutenu. Mais si ça ne l’est pas, il doit être combattu. C’est sûrement le plus important de tous les sujets de politique étrangère de notre époque à être présenté devant les législateurs à Washington. En tant que nation, nous devons absolument prendre la bonne décision. Cet accord doit être évalué uniquement selon ses mérites – ni plus ni moins. »

L’accord nucléaire conclu à Vienne ne semble pas aborder les autres aspects extrêmement troublants de l’attitude du gouvernement et de ses activités.

AJC demeure profondément préoccupé par (1) le programme d’ICBM de l’Iran, qui ne peut être expliqué que par des fins militaires menaçantes; (2) ses appels répétés, y compris ces derniers jours, à anéantir Israël et les Etats-Unis; (3) son implication directe dans le terrorisme et son soutien à des groupes terroristes comme le Hamas et le Hezbollah; (4) ses ambitions hégémoniques dans la région, du Liban à la Syrie, de l’Irak au Yémen; et (5) la négation systématique des droits humains, comme cela a été très largement expliqué et documenté dans le rapport le plus récent du Département d’Etat sur les Droits de l’Homme partout dans le monde.

« Quelle que soit l’issue de ce cheminement, la nécessité d’une vigilance accrue concernant l’Iran ne diminuera pas un seul instant » a conclu David Harris. En effet, avec la perspective de déblocage des avoirs iraniens à l’étranger et de la levée des sanctions à la suite de cet accord, le flux des fonds va croître sensiblement, et cela permettra à l’Iran de piétiner un peu plus encore nos valeurs, tout en constituant une profonde menace pour nos alliés au Moyen-Orient et partout ailleurs.

« Nous commenterons plus précisément l’accord qui vient tout juste d’être annoncé, et partagerons notre vision des choses aux membres du Congrès, une fois que nous aurons eu plus de détails » a conclu David Harris.

Depuis 15 ans, AJC suit de façon quotidienne l’évolution nucléaire de l’Iran et s’entretient avec les représentants des gouvernements du monde entier au sujet de la menace grandissante du pays comme Etat du seuil nucléaire.

L’Autriche bannit le financement étranger de l’Islam

Mosquée AutricheCe mercredi 25 février, le Parlement autrichien a adopté une nouvelle législation qui vise à promouvoir ce que Sebastian Kurz, ministre de l’Intégration, des Affaires européennes et internationales, appelle « un islam à caractère européen ». Visant à contenir les dérives radicales, la loi interdit le financement des organisations Lire la suite

AJC s’associe à IsraAID pour aider les Irakiens chrétiens et yazidis

18 septembre 2014 – New York – AJC soutient IsraAID, l’une des principales organisations humanitaires non gouvernementale israélienne, en délivrant une aide humanitaire d’urgence aux réfugiés chrétiens et yazidis, assiégés, qui ont fui vers la région kurde de l’Irak. « En tant que Juifs américains, nous sommes fiers d’apporter notre aide, en collaboration avec notre partenaire israélien IsraAID, aux milliers de chrétiens et yazidis réfugiés qui fuient la brutalité de l’EIIL et qui cherchent refuge chez les Kurdes d’Irak » a déclaré David Harris, le directeur exécutif d’AJC. Les fonds de AJC couvriront les frais liés à la distribution de trousses d’hygiène, de matelas, de couvertures, d’ustensiles de cuisine et de vêtements. Avec l’aide de son Fonds humanitaire Heilbrunn, AJC s’est joint à IsraAid à plusieurs reprises afin de remplir des missions de secours humanitaire, comme au Sri Lanka, après le tsunami sans précédent qui sévissait en 2004 en Asie du sud; au Pérou, à la suite d’un tremblement de terre dévastateur en 2007; aux Philippines, après une tempête tropicale meurtrière en 2009; en Haïti, après le tremblement de terre en 2010; aux Philippines en 2013, après un typhon; en Bulgarie, pour les Syriens qui cherchaient un refuge dans le pays en 2013; et, plus tôt cette année, en Bosnie-Herzégovine après les lourdes inondations.

Comment se finance l’organisation terroriste EIIL ?

EIIL financement

L’EIIL est l’organisation terroriste la mieux financée au monde ; elle est même plus riche que certains pays exigus. Comment l’EIIL – qui contrôle désormais les territoires en Syrie et en Irak – remplit-elle ses poches ? Le Washington Institute s’est penché sur la question…

  • Une richesse personnelle

Contrairement aux autres groupes terroristes, qui reposent essentiellement sur des sponsors, des donateurs et qui n’hésitent pas à abuser de la charité publique, l’EIIL est financièrement indépendant du fait de son entreprise criminelle prospère.

  • Un « héritage » illégal

Alors connu sous le nom d’Al-Qaïda en Irak (AQI), le groupe a importé près de 70 millions de dollars par an grâce à ses activités criminelles. Il est devenu si riche que la branche principale d’Al-Qaïda lui a demandé de l’argent en 2005.

  • Un business en pleine croissance

L’EIIL a continué à s’engager dans des activités telles que la contrebande, l’extorsion de fonds et la criminalité. Le fait de ne pas être tributaire de ses principaux donateurs lui a permis d’esquiver allègrement les mesures de lutte anti-terroriste concernant le financement.

  • Les dons privés du Golfe

Les contributeurs privés de l’EIIL – tout comme ceux d’autres groupes opérant en Syrie tels que Jabhat al-Nosra, groupe affilié à Al-Qaïda – représentent l’une des principales préoccupations des dirigeants américains. Les riches citoyens, provenant notamment des pays du Golfe Persique, ont totalisé des centaines de millions de dollars dans le conflit.

  • La réponse des Etats-Unis

Dans sa lutte anti-terroriste, Washington peut réduire la coopération financière de l’Arabie Saoudite et des autres pays du Golfe. Mais, pour porter atteinte de manière significative à la base financière de l’EIIL, il faudrait désormais s’attaquer aux sources de revenu locales, en Syrie comme en Irak.

Les 10 points essentiels à savoir sur l’EIIL

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Une recherche effectuée par le Washington Institute met en exergue les principales complexités de l’État islamique en Irak et au Levant  (EIIL) : 

  1. L’EIIL est un mouvement ultra-radical sunnite

Le mouvement est né en 2006, en Irak, à l’initiative d’Al-Qaïda qui le rejettera finalement par la suite, le jugeant trop radical. L’EIIL poursuit désormais son itinéraire djihadiste avec des ressources sans précédent, un territoire et des armements. En savoir plus… 

  1. L’EIIL veut se faire connaître en tant qu’« Etat Islamiste »

L’EIIL a proclamé un califat musulman avec Abu Bakr al-Baghdadi à sa tête. En savoir plus… 

  1. L’EIIL est riche et n’est donc pas redevable envers les investisseurs étrangers

Le braquage de la banque centrale de Mossoul confère à l’EIIL – déjà largement financé par des organisations criminelles – la place de groupe djihadiste le plus riche au monde. En savoir plus… 

  1. L’EIIL est parvenu à recruter des combattants étrangers en Irak

Entrer en Syrie a permis à l’EIIL de recruter plus facilement des combattants étrangers. En savoir plus… 

  1. L’EIIL a capitalisé sur la communauté sunnite d’Irak

L’ancien Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a créé un terrain propice aux opérations de l’EIIL. En savoir plus… 

  1. L’EIIL a des faiblesses

Ses premiers succès, majoritairement dus à l’ineptie de ses ennemis, auraient pu être évités. En savoir plus… 

  1. Mais l’EIIL gagne toujours du terrain

L’EIIL a supprimé les frontières entre la Syrie et l’Irak. En savoir plus…

  1. L’Irak et la Syrie ne sont pas les seuls pays à être menacés par l’EIIL

L’EIIL met également en danger toute la communauté internationale. En savoir plus… 

  1. L’EIIL tirerait partie d’une participation iranienne plus accrue en Irak

Si les Etats-Unis décidaient de former une alliance avec l’Iran pour repousser l’EIIL, cela ne ferait que rendre l’Iran encore plus fort. En savoir plus… 

  1. L’EIIL ne sera pas vaincu sans une stratégie globale

Les Etats-Unis doivent prendre l’initiative de former une coalition locale et internationale pour venir à bout de L’EIIL. En savoir plus…