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Contre toute attente, j’ai vu des signes d’espoir pour Israël et l’Amérique aux Nations Unies

Contre toute attente, j’ai vu des signes d’espoir pour Israël et l’Amérique aux Nations Unies

Anne-Sophie Sebban-Bécache – 6 octobre 2025 – Cet article a initialement été publié danThe Algemeiner.

La session annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte le jour de Rosh Hashanah. Je suis arrivée dans une ambiance morose : la reconnaissance unilatérale de l’État palestinien par la France, rapidement suivie par d’autres pays, risquait de déclencher une escalade inexorable entre deux camps : l’Europe et l’ONU d’un côté, Israël et les États-Unis de l’autre.

 C’est la stratégie cynique que poursuit le Hamas depuis le 7 octobre 2023 : entraîner Israël dans une guerre qui finirait par le délégitimer sur la scène internationale.

 L’Autorité palestinienne (AP), par d’autres moyens, poursuit le même objectif. Reconnaître un État « palestinien » dans ce contexte revient à faire un cadeau aux régimes au pouvoir, le Hamas d’un côté, l’AP de l’autre, et à offenser ceux qui sont véritablement engagés en faveur d’un avenir meilleur pour la région.

 La semaine de réunions diplomatiques et de discours à l’ONU s’est déroulée entre Rosh Hashanah et Yom Kippour, une période d’introspection, de jugement et de renouveau. Tout au long de nos réunions, je me suis rappelé que la réalité n’est jamais aussi binaire qu’elle peut le paraître, et que le fatalisme n’est pas – et ne peut jamais être – une attitude juive.

 Dans les couloirs de la diplomatie multilatérale, des portes de sortie ont commencé à apparaître : des regards francs, des poignées de main sincères, des confidences chuchotées qui peuvent avoir plus de poids que des déclarations tonitruantes.

 Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est sorti confiant de sa rencontre avec le président Donald Trump, qui a pour la première fois explicitement évoqué la perspective d’une « victoire » pour l’Ukraine — peut-être le signe que les anciennes alliances sont enfin en train de se remettre en place. Tout aussi significatif est le rapprochement tant attendu et de plus en plus ouvert entre Israël et l’Ukraine. Les États baltes, en premier lieu la Lettonie, le disent clairement : leur propre sécurité, également menacée par Vladimir Poutine, nécessite un partenariat stratégique non seulement avec les États-Unis, mais aussi avec Israël, notamment pour acquérir certains des systèmes de détection anti-drones les plus sophistiqués, un objectif fixé pour la fin de l’année.

 Ce réalignement nous donne des raisons d’espérer à nouveau : l’échiquier géopolitique serait-il enfin en train de se stabiliser ? Lorsque nous avons échangé nos vœux de Shana Tova avec le président Zelensky, nous avons pu ressentir l’espoir — et la perspective — d’une victoire commune dans l’année à venir : pour l’Ukraine, pour le peuple juif et pour Israël.

 Ce qui nous ramène à la question de la reconnaissance. À New York et dans les capitales européennes, de nombreux titres ont proclamé l’isolement historique d’Israël. Cet isolement émergeant est réel, mais il n’est pas total et doit être replacé dans son contexte. Des alliés existent toujours, y compris en Europe. Ceux qui ont été confrontés à la guerre contre des ennemis impitoyables, comme un haut fonctionnaire bosniaque que nous avons rencontré, ancien soldat de la guerre de 1993, ou ceux qui, à l’Est, vivent sous la menace constante d’un voisin hostile, comprennent intimement ce qu’endure un petit État encerclé comme Israël.

 D’autres, plus loin, s’expriment également, en particulier en Afrique subsaharienne. De la Guinée-Bissau à la République démocratique du Congo sous la présidence de Félix Tshisekedi, que nous avons rencontré pour la première fois, il existe une volonté tangible d’accélérer le développement grâce à des partenariats plus solides avec les États-Unis et Israël, dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’énergie et de la cybersécurité. Il ne s’agit pas de promesses vaines, mais de feuilles de route. Les bases d’une amitié durable sont en train d’être jetées sur un continent qui, d’ici 2050, devrait représenter un quart de la population mondiale.

 À l’American Jewish Committee (AJC), en maintenant et en élargissant le dialogue de haut niveau, et en continuant à ouvrir ainsi de nouvelles portes pour Israël et le peuple juif, nous ravivons le champ des possibles là où d’autres affirment qu’il n’y a pas d’issue. Notre diplomatie est une diplomatie qui répare plutôt que flatte : elle exige de l’efficacité pour faire avancer l’histoire et repose sur une loyauté à long terme et une patience active.

 Contre toute attente, alors que cette semaine de l’AGNU semblait prête à creuser le fossé grandissant entre Israël et l’Europe, une voie vers la paix et la stabilité a commencé à se dessiner.

 Alors que les dirigeants mondiaux continuaient de se réunir à New York, le président Trump, s’exprimant à la Maison Blanche après s’être entretenu avec le Premier ministre Netanyahu, a annoncé un plan qui pourrait mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas, ramener les otages chez eux et garantir un avenir plus pacifique et plus prospère aux civils de Gaza. Au moment où nous écrivons ces lignes, ce plan a été salué par le Conseil européen et a déjà recueilli le soutien de l’ensemble du monde arabe et musulman.

 Le chemin à parcourir sera long et les obstacles immenses, mais nous avons appris à puiser de l’espoir dans l’obscurité. Telle est notre tâche — et, je crois, notre victoire.