New York : à gauche, droit dans le mur
Franc-Tireur, par Simone Rodan – le 18 juin 2025
Zohran Mamdani brigue la mairie. Il incarne cet antisionisme 2.0 qui séduit une jeunesse blanche aisée et radicalisée. La gauche américaine n’est pas près de se relever.
Il soutient le BDS, accuse Israël de « génocide », refuse de commémorer la Shoah. Et pourtant, Zohran Mamdani pourrait devenir le prochain maire de New York. Fils de l’intellectuel postcolonial Mahmood Mamdani et de la réalisatrice Mira Nair, il coche toutes les cases du « woke » mondain et de l’esthétisme révolutionnaire, ce privilège social déguisé en conscience. En tandem avec sa femme, Rama Duwaji, illustratrice d’origine syrienne, qui poste sur Instagram des dessins glorifiant la « résistance armée ». Voilà donc la relève du Parti démocrate, censé avoir tiré les leçons de son échec face à Trump…
Ce candidat à la primaire démocrate a été adoubé par les Democratic Socialists of America – les mêmes dont faisait partie Elias Rodriguez, auteur de l’attentat antisémite de Washington, et qui ont récemment invité Mélenchon à New York. Mamdani est aussi soutenu par le Muslim Democratic Club of New York et par le Cair (Council on American-Islamic Relations), issu des Frères musulmans. Mieux encore, il a cofondé le premier groupe de SJP (Students for Justice in Palestine) à Bowdoin : une organisation frériste, proche du Hamas, à l’origine des manifestations antisionistes et parfois anti-Juifs sur les campus. Lui-même fièrement « antisioniste », il a défilé aux côtés de Nerdeen Kiswani, figure pro-Hamas de Within Our Lifetime, qui appelait récemment encore à « écraser l’État sioniste » et a salué les attaques du 7-Octobre. Et ce n’est pas son seul « atout » pour séduire les jeunes démocrates. Sur le plan économique, il promet une redistribution massive des richesses, des logements publics gratuits, l’effacement des dettes étudiantes et un démantèlement des « structures capitalistes ». Sa base ? Une jeunesse radicale, souvent blanche, diplômée, ultra-connectée, convertie à la grille de lecture des oppresseurs et des opprimés, pour qui Israël, la police, l’Occident et la démocratie libérale sont à abattre d’un même geste.
Le 24 juin, l’homme affrontera Andrew Cuomo, ancien gouverneur de New York, sali par des accusations de drague lourde malgré sa gestion impeccable du Covid, et d’autres candidats lors de la primaire démocrate. À quelques jours d’un scrutin qui permet d’être élu sans majorité absolue, Mamdani est crédité de 22 % des intentions de vote, contre 35 % pour Cuomo, mais le climat ambiant aux États-Unis favorise les extrêmes. Et ce score n’a rien d’anodin. Alors que Trump met le feu à l’Amérique et poignarde l’Occident de l’intérieur, il révèle la poussée d’un vote radical et le désarroi idéologique du Parti démocrate.
